CHILI - Ile de Pâques et Santiago
19 décembre. Là, ça commence à sentir le sapin. Pas tellement l’approche de Noël, mais pour le voyage. Nous sommes dans l’avion pour Paris, et comme toutes les bonnes choses ont une fin (à part le saucisson, qui en a deux), il est temps de rentrer en France et de reprendre une activité normale, pour paraphraser la marionnette de PPDA.
Autant dire que là, pour raconter nos 4 derniers jours à l’île de Pâques et Santiago, la motivation est limitée. D’autant qu’il y a toutes sortes de films passionnants à regarder sur le petit écran de l’avion, c’est plus tentant que de taper sur son ordi… Mais, histoire de faire l’intello devant les enfants et Charlyne, j’ai commencé à regarder « Le quai des brumes ». C’est très chouette, mais le rythme est tel que j’ai eu un peu peur de m’endormir avant la fin. Une petite pause écriture est donc la bienvenue.
En fait j’aurais peut-être dû voir ce film à l’île de Pâques, pour le coup j’aurais été dans le rythme. Pour visiter les principaux points de cette île, il faut compter une bonne journée. Pour apprécier et découvrir tranquillement, comptez 2 jours. Alors en 4 jours, on va avoir le programme le plus léger que l’on ait eu depuis notre départ. Et vu le cadre, c’est finalement bien adapté.
A la sortie de l’avion qui dessert quotidiennement l’endroit le plus isolé du monde (cherchez l’erreur…), j’ai l’impression de débarquer à nouveau en Nouvelle-Calédonie : le parfum, la chaleur, l’aéroport tout petit, le collier de fleur autour du cou, l’océan Pacifique à côté. On a beau être un peu décalqués après 3 vols qui ne se sont pas super bien enchainés depuis Cusco (ceci étant, on reste des petits joueurs à côtés de mes beaux-parents), on est contents d’être là.
Après une étude rapide du plan de l’ïle, on réalise 2 choses : d’abord que ce n’est pas très grand, et ensuite que ça a la forme d’un triangle, avec un volcan à chaque sommet (du triangle). Du coup notre programme va être assez simple : 3 jours complets, 3 volcans, 3 sommets. Et pour éviter quand même de tomber dans la routine, on va y aller de trois manières différentes.
Le premier d’entre eux, le Tere Vaka, point culminant de l’île à 507 m, nous allons le rejoindre à cheval. Cela faisait un moment (en fait depuis notre sortie à El Calafate) que les enfants nous le réclamaient, et l’occasion était trop belle pour ne pas la saisir : l’île de Pâque pourrait être rebaptisée l’île des chevaux, tant ils sont nombreux là-bas, à évoluer en toute liberté – mieux vaut être prudent sur la route. Côté sécurité, cela semble plutôt bien, on a en tout cas le minimum d’équipement, à commencer par une bombe. Quant aux chevaux eux-mêmes… Afin d’éviter, notamment aux enfants, une première section de balade en partie sur la route, nous devons retrouver notre guide et les chevaux 2 ou 3 km plus loin, au Ahu Akivi, qui marque le début de la montée vers le Terevaka, que nous rejoignons donc en voiture. Une fois là bas, nous aurons tout le loisir d’admirer l’alignement des 7 Moaïs, puisqu’il va falloir plus d’une heure à Gabriel, notre guide, pour y conduire les montures. Les chevaux semblent en effet bien dissipés, pour ne pas dire un peu fous-fous. En commençant la balade, Gabriel me confit discrètement : le cheval d’Adrien : « Esquizo ». Parfait, si seulement vous connaissiez son cavalier… Celui de Charlyne ? « Completamente esquizo ». Génial. C’est peut-être la tête que je tire, mais il me rassure ensuite en me disant que celui d’Alice est très bien. Youpi. La balade va durer environ 2 heures. Les chevaux marchent d’un bon pas, ils se mettent très facilement à trotter sans qu’on leur demande, mais on va réussir à éviter l’emballement, tant pis pour le galop. Le sommet sera dans les nuages, donc question point de vue ce sera un peu limité, on arrive tout de même à distinguer le reste de l’île, qui semble vraiment petite vue d’en haut.
Deuxième jour, deuxième sommet. Après avoir fait un tour sur le site Terongaki, de loin le plus impressionnant avec ses 15 Moaïs géants, puis fait une visite et déjeuné au volcan Rano Raraku, le lieu de fabrication de tous les Moaïs de l’ïle (comme pour les Incas, lancinante question : comment diable ont-ils pu trimbaler ça aux quatre coins de l’ïle, OK trois), nous attaquons le Poïke, qui domine la petite péninsule du même nom. Là on fait un peu dans le barbare : départ à midi, un demi litre d’eau, pas de casquette ni de crème. En même temps, c’est un peu nuageux, la chaleur est loin d’être étouffante, et le sommet du volcan qui se dresse devant nous ne semble vraiment pas loin. Dans l’ascension aussi on fait basique : on taille direct vers le sommet, la pente n’est pas très forte et de tout façon on ne voit aucun chemin ni aucune âme qui vive (si l’on considère que les chevaux et les vaches n’ont pas d’âme). On mettra quand même une petite heure pour arriver en haut, Alice est au taquet (Adrien un peu moins…). Le panorama est cette fois-ci dingo (copyright Christophe P.), le soleil fait quelques percées et on peut faire le tour du petit cratère remplit d’arbres pour avoir la vue à 360°. On s’en tirera avec quelques coups de soleil, mais ça aurait pu être pire. Adrien, l’indéfectible ami des animaux, va avoir la bonne idée, à la fin, d’essayer de sympathiser avec un taureau. Fâcheux malentendu, celui-ci va plutôt le prendre pour une provocation, et charger résolument notre jeune cow-boy. Il s’en tirera avec une grosse frayeur, le taureau ayant quand même assez vite compris sa méprise.
Le troisième volcan, le plus prisé, c’est le Ranau Ko. C’est le plus près de la « ville », et on accède au sommet en voiture, ce sera donc moins rocambolesques que les deux précédents. Mais non moins spectaculaire, là on a un cratère que l’on peut, sans exagérer, qualifier de toute beauté. Avec, en toile de fond, une vue plongeante sur le bleu profond de l’océan. Nous ferons un premier tour côté ouest, au niveau d’Orongo, une série de construction dédiées au culte de l’homme oiseau (culte post-moaï, à un moment donné ils ont dû en avoir assez de trimballer des statues de plusieurs tonnes à longueur de temps…). Et pour apprécier sans contre-jour le cratère de 1600m de diamètre et 200m de profondeur, nous irons marcher côté est. Dans les 2 cas, on sera super tranquilles, on croise très peu de monde sur les sites dès lors que l’on arrive avant 10h du matin.
Au-delà de ces visites spectaculaires, l’île de Pâques offre aussi une superbe plage – Anakena, avec également un bel alignement de Moaïs dos au bleu turquoise – et un village plutôt sympathique - Hanga Roa – où l’un des musts reste le spectacle de dance Rapa Nui. Pour notre dernière soirée sur l’île, nous irons au Kari Kari, recommandée par l’incontournable Camille (et, accessoirement, par trip advisor). Musique, chants et surtout danses sont au rendez-vous, c’est très impressionnant, même si l’on peut se demander ce qui est réellement issu de la culture Rapa Nui (peut être certains chants ?) et ce qui vient d’autres cultures polynésiennes ou Maori (on voit des choses qui rappellent les All Blacks…). Quoi qu’il en soit, certaines danses sont assez… suggestives. Au cours de l’une d’elle, Adrien fait remarquer à sa mère : « c’est marrant, on dirait que le danseur fait mine d’attraper quelque-chose et de le ramener vers son zizi… ». Tiens oui, c’est drôle, à s’y méprendre ! Cet enfant a trop d’imagination…
Santiago
Comme lors de notre première escale un mois plus tôt, nous allons passer les deux nuits qui nous restent avant notre retour en France à l’hôtel Yungay de Santiago. Au début, j’ai pensé que cette auberge de jeunesse serait un point de rencontre de la communauté gay chilienne, mais le nom provient apparemment d’une bataille avec le Pérou au 19ème siècle. Lieu fort sympathique quoiqu’il en soit, et d’où nous allons nous efforcer de compléter notre exploration de la capitale chilienne.
La fois précédente, sous un soleil déjà chaud, nous avions visité la colline San Cristobal et ses environs : son zoo, son parc, et sa grande piscine en plein air. Les enfants avaient bien aimé, et à vrai dire nous aussi.
Pour le deuxième passage, nous allons privilégier une visite du centre-ville avec Santiagotop, l’alter ego de la guide qui faisait les « freetours » en français à Valparaiso. Le tour est intéressant, mais pas aussi captivant qu’à Valpo. Le centre ville de Santiago est plus récent, plus étendu, plus commerçant et passant. Et surtout beaucoup moins décoré, malgré l’approche de noël.
Et je pense qu’à ce stade du voyage, nous n’avons plus qu’une idée en tête : rentrer à la maison, et retrouver la famille et les amis. On va même décliner une proposition d’Air France, dont le vol est en surbooking, pour reporter notre retour d’une journée moyennant dédommagement. La difficulté que j’ai eu à fermer la valise pour la dernière fois explique aussi en partie cette décision…
Si je n’exclus pas un article « bilan du voyage » dans quelque temps, le moment est tout de même venu de clôturer ce blog.
Il était temps, je m’étais promis de ne pas faire Pâques après Noël.
Je m’étais également promis de ne pas terminer sur une blague pourrie, mais il est parfois difficile de tenir toutes ses promesses. Ce que notre voyage a pourtant fait !
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