15 au 20 mars 2013 - Nouvelle Zélande 1/3 : Christchurch, ou la (difficile) mise en route
Pas de doute, on est dans le commonwealth. Apparemment eux non plus ne comprennent rien aux règles du cricket
Nous atterrissons donc à 13h, ce vendredi 15 mars, à l’aéroport de Christchurch. Le temps est plutôt dégagé, la température taquine les 25°C, et le trajet s’est plutôt bien passé, du moins les enfants ont correctement dormi ce qui devrait permettre un recalage rapide.
Nous avons 5 jours devant nous avant de récupérer le camping car, ce qui nous laisse le temps de visiter la ville et ses nombreux centre d’intérêts dont fait mention notre guide, et de profiter également des pléthoriques activités possibles aux environs immédiats de Christchurch : plongée avec les dauphins à Akaroa et autres escapades dans les « Banks Peninsula », surf/windsurf à Sumner, parcs animaliers, etc… Bref une seule angoisse : allons-nous savoir gérer les priorités et avoir assez de temps pour en profiter ?
Heureusement, quelques éléments encore mal connus à notre arrivée vont nous sortir de cet embarras.
D’abord, Christchurch a subi un gros tremblement de terre en février 2011. Ca, quand même, on le savait. Là où on a sérieusement manqué de perspicacité, c’est en pensant que notre guide était à jour de cela sans qu’il n’en soit fait mention. Et le tremblement de terre a encore aujourd’hui, pour le touriste qui se rend sur place, deux conséquences majeures : d’abord une bonne partie des lieux à visiter sont encore fermés pour travaux (la place de la cathédrale est toujours fermée, le centre des arts, apparemment très intéressant, itou…), et deuxièmement l’offre d’hébergement est encore réduite de moitié par rapport à une demande toujours là, ce qui est moyennement compatible, en haute saison, avec notre tactique du « je trouve mon logement une fois sur place ».

Comme on devait initialement arriver à 1h du matin, on avait quand même anticipé la première nuit dans un hôtel proche de l’aéroport – tout en étant très très surpris du peu de disponibilité dans les hôtels de Christchurch. Nous nous y rendons dès notre arrivée pour poser les bagages et prendre un déjeuner rapide, et on prend un bus pour le centre-ville. On descend place de la cathédrale pour se balader et aller à l’office de tourisme, qui se trouve normalement là. On commence alors à comprendre que tout est loin d’avoir été reconstruit… Le bureau temporaire de l’office de tourisme n’est heureusement pas trop loin, juste à l’entrée du jardin botanique. Sur la route on constate l’étendue des dégâts et des travaux encore en cours sur les bâtiments anciens – les nouveaux on soit mieux tenus, soit leur leur destruction / nouvelle construction a été plus rapide. On profite en passant pour visiter le petit mais fort sympathique musée du Canterbury (nom de la région où se trouve Christchurch) qui est bien aussi pour les enfants : reconstitution assez réussie d’une rue du 19ème siècle, exposition d’engins ayant servies aux expéditions polaires, etc…
On arrive finalement à l’office de tourisme un quart d’heure avant la fermeture (18h). On tombe heureusement sur une jeune femme zélée, qui ne va pas hésiter à rester jusqu’à 18h30 pour trouver, après une bonne quinzaine d’échecs, un logement pour les 4 prochaines nuits. En sortant du bureau, la température a déjà descendu d’un cran. On met tous nos polaires (Charlyne est heureusement toujours prévoyante), mais curieusement j’ai l’impression que la température continue de tomber. Nous allons pour prendre le bus, et avant qu’il n’arrive j’en suis à grelotter. Arrivés à l’hôtel, Charlyne et les enfants partent dîner, et je pars directement me coucher. Je ne sortirais du lit que le surlendemain soir (hormis le changement d’hôtel qui ne fut pas des plus plaisants…).
Le « ite » parade
Rhinite, laryngite, bronchite, otite : avec cette mauvaise grippe, dont les prémices s’étaient faits sentir à Singapour (je soupçonne fortement la clim’ souvent abusive de là-bas), on va pouvoir redérouler la panoplie complète des maladies hivernales. Un comble alors que c’est encore l’été en Nouvelle Zélande. Heureusement Adrien et Charlyne vont également rapidement se joindre à moi pour vider les paquets de Kleenex. Voilà donc le deuxième principal élément, avec les résidus du tremblement de terre de 2011, qui va nous faire passer du mode « il ne faut pas rater ça » au mode « qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire pour occuper les enfants ? »
Le troisième élément structurant étant la météo, qui va elle aussi nous accabler. Après la très belle première journée, les températures vont définitivement tomber, et on ne reverra guère de ciel bleu à Christchurch avant notre départ, où alors vraiment vite fait entre deux grosses averses.

Pour autant Charlyne va assurer un programme de survie tout à fait sympathique avec les enfants : jardin botanique et ses nombreux jeux; Antartica, pédagogique et ludique avec des pingouins et une simulation d’une tempête de neige ; « science alive », normalement c’est un musée mais comme il a été détruit, les gens organisent des animations ponctuelles, ce jour-là pour les moins de 5 ans, avec des animaux, des ateliers de maquillage, des dessins, toujours dans un esprit assez didactique. Bref si on déprime un peu, les enfants s’y retrouvent plutôt bien, et on peut dire que les Néo-Zélandais savent bien se creuser la tête pour trouver des activités intéressantes pour les jeunes générations.

Mardi 19 mars, dernier jour avant l’embarquement, nous profiterons d’un temps presque sans pluie pour nous rendre jusqu’à Sumner, histoire de voir la mer. A seulement 30 minutes du centre par bus, nous arrivons à la jolie baie qui malgré le calme de la mer lève de petites vagues dont profitent des groupes de surfeurs en apprentissage. C’est plutôt très calme, en fait il y a beaucoup de belles demeures près de la plage où accrochées sur les hauteurs, mais point de bars, restos ou autres boutiques que l’on pourrait imaginer trouver dans ce genre d’endroit. On trouvera quand même un café / resto au bout de la baie où nous déjeunerons avant de rentrer, la pluie commençant à arriver. Bref pas l’extase comme sortie, mais ça permet de respirer un peu quand même, on rentre plutôt revigorer.
A 10h mercredi matin, nous sommes prêt à embarquer, l’agence de location vient nous chercher avec le camping car jusqu’à notre hôtel. Un monsieur pas tout jeune et fort sympathique va nous ramener au dépôt pour les formalités et nous faire le topo-briefing. Comme la plupart des néo-zélandais, il faut bien s’accrocher pour comprendre ce qu’il dit, mais on pense ne pas rater les essentiels. A 11h30, on est paré à virer. Au programme de la journée, passer faire les courses et déjeuner, puis direction le lac de Tekapo, qui se trouve à 250km au sud ouest de Christchurch. Rien de très existant donc, mais ça ne nous empêche pas d’être sacrément content rien qu’à l’idée de lever l’ancre. Le soleil commence à percer généreusement à travers les nuages. J’allume le moteur, desserre le frein à main, cale le levier de vitesse sur le mode automatique et… en route mauvaise troupe !
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