20 au 31 mars 2013 - Nouvelle Zélande 2/3 : L’île de Sud

Nous voilà donc partis, en ce mercredi 20 mars ensoleillé, dans notre « Camper Van » tout beau. Quelques mots sur la bête : c’est un Riviera 760 (ce qui doit correspondre à sa longueur), prévu pour transporter et loger jusqu’à 6 adultes. Autant dire qu’on est plutôt à notre aise. Il ne s’agit pas tellement d’un choix de grand luxe de notre part, mais tout simplement le meilleur prix qu’on ait eu pour une location pour 4 personnes lorsque nous avons fait notre réservation en novembre. On peut penser que les camping cars plus petits sont pris d’assaut jusqu’à fin mars, on en croisera en tout cas des palanquées sur la route, mais finalement assez peu de la taille du nôtre. Malgré sa taille, la conduite est assez facile, la plus grande difficulté étant surtout la conduite à gauche et la gestion de l’espace sur la gauche du véhicule. La boite auto (que nous n’avions pas demandée…) facilite aussi bien les choses, car avoir le levier de vitesse dans la main gauche n’est jamais très plaisant. Bref ça roule bien, par contre les manœuvres sont délicates, on a du mal à se représenter un véhicule de cette taille. Je commencerai à mieux appréhender la taille après avoir fait voler en éclat le feu arrière gauche, sacrifié sur un poteau qui n’avait rien à faire là.
2/ Lac Tekapo
Après 4h de route, dont les deux dernières dans des paysages déjà bien dépaysant, nous débouchons, au détour d’un virage, sur le lac Tekapo, dont le bleu turquoise fait la renommée. Comme de nombreux lacs de l’île du sud, il s’agit de très grandes étendues d’eau, dont beaucoup relèguerait le lac d’Annecy au rang de flaque d’eau. Le temps de s’installer dans l’unique camping de la petite ville, et nous assistons à un coucher de soleil de toute beauté. Le ton est donné !
Jeudi matin, ciel bleu azur et fraicheur montagnarde sont au rendez-vous. Nous attaquons sans transition l’ascension du mont John, qui permet d’offrir un beau panorama sur le lac, et dont le départ du chemin se situe au niveau du camping. On démarre bien habillé, mais les 300m de dénivelé auront vite raison de nos polaires. Le chemin serpente dans la forêt, jusqu’à déboucher dans une végétation d’herbe haute pour l’arrivée au sommet. C’est splendide, on bombarde de photo mais on a beaucoup de mal à rendre compte de ce panorama à 360°. Pour ne rien gâcher, il y a un petit café où nous prenons un « bagel » avant de faire la descente.
La fonction panorama aura beaucoup servi ici, sans toutefois rendre comme on aimerait la beauté des paysages

Nous regagnons le camping car vers 14h, pile poil pour la sieste d’Alice et les devoirs d’Adrien. L’un comme l’autre vont être de courte durée, car nous avons repéré en descendant la présence de trois bassins alimentés par des sources chaudes, et le soleil toujours généreux nous incite à aller y faire un tour. Nous ne serons pas déçus, les bains vont de 34 à 40° (40° étant interdit pour les enfants), le cadre est magnifique avec vue sur le lac, et il n’y a quasiment personne. Les enfants dormiront bien cette nuit…
A 16h nous reprenons la route en direction de notre deuxième étape, le lac Wanaka. Bien que globalement assez plate (nous sommes sur un grand plateau), les paysages ne lassent pas de nous surprendre tant ils différents de tout ce que nous connaissons. Et ils sont surtout très sauvages, hormis les rares patelins situés le long de la route, c’est plutôt des no mans land. Nous apercevons notamment l’immense lac xxx, lui aussi d’un bleu électrique peu commun, et dans le lointain la silhouette du mont Cook, qui culmine à 3700m. On passe notre temps à se tordre le cou, à prendre des photos, à s’arrêter (quand c’est possible !). Et l’on a encore rien vu…
3/ Lac Wanaka
Lac Wanaka ou la poursuite des galères. La maladie nous poursuit, notamment moi (Charlyne) et Adrien. Nous ne sommes vraiment pas bien. Aussi, la matinée est plutôt dédiée au repos et à répertorier les différentes activités de plein air que nous pouvons faire le lendemain. Sur la route qui nous mène au centre-ville, nous avons la surprise d’entendre la sirène d’une voiture de police se rapprochant bizarrement de nous. Nous nous garons assez vite curieux de savoir ce qui se passe. Et, voilà, une contravention pour excès de vitesse : 60 au lieu de 50. Tant pis pour nous. Pour reprendre la nouvelle expression d’’Alice : « c’est pas grave ».
C'est pas grave, nous dit Alice chaque fois qu'elle fait une bêtise. Devant un tel décor, on a tendance à laisser passer...

Le temps est magnifique, nous en profiterons pour pique-niquer au bord du lac. Les enfants s’amuseront à ne pas finir leur sandwich pour le donner aux mouettes et aux canards. L’après-midi sera consacré à la visite de puzzling world, un labyrinthe géant et des salles avec des illusions d’optiques. Nous sommes un peu déçus et espérions que ce soit plus ludique pour les enfants. Ils étaient finalement un peu trop jeunes. Nous y passerons quand même presque 1h30 et aurions même pu y rester plus longtemps si nous n’avions triché pour trouver la sortie du labyrinthe. Chut, il ne faut pas le répéter.
Le lendemain, la santé des troupes étant stationnaire, nous finissons par aller voir le médecin pour Adrien et moi. Nous arrivons tous dans un centre médical qui semble flambant neuf. Nous nous disons que Wanaka est une ville bien portante avec aussi toutes ces belles et grandes maisons. Nous rencontrons un docteur très cool au look de surfeur, t-shirt jaune, short, tongues, la grande classe. Laryngite pour Adrien et moi, il faut prendre du paracétamol. En sortant, mauvaise surprise : nous paierons pour les 2 consultations 160€. Pour ce diagnostic et 10 minutes de consultation, on se dit que nous aurions pu faire des économies, mais « c’est pas grave ». Le temps s’obscurcit aussi, nous décidons de prendre la direction du glacier Franz Joseph en remontant la côte ouest. Mais juste avant, parce qu’un peu déçus de ne pas avoir profité un peu plus des rando de Wanaka, nous nous lançons à l’assaut du mont Iron, une ballade d’1h30 aller / retour, qui nous permet d’avoir une vue à 360° des environs. La montée est difficile pour Adrien qui est plein de mauvaise volonté. Moi, je ne dis pas un mot car trop mal à la gorge. Bonne ambiance. Pour le retour et redonner le moral à Adrien, Jean décidera de lui raconter les mésaventures du moment de Nicolas Sarkozy et lui parler des présidents de la 5ème République. Adrien ne se rend même pas compte qu’il marche et tout va bien. Comme quoi, pour un enfant de 5 ans, la politique peut être captivante (surtout si ça descend).
Charlyne souffre en silence, Adrien extériorise davantage. La petite ascension du mont Iron ne sera pas des plus faciles.
La route qui mène de Wanaka à la côte ouest offre un spectacle fascinant. Tout d’abord en se faufilant entre le lac Wanaka et son voisin, le lac Hawea, offrant tantôt un point de vue sur l’un, tantôt sur l’autre. L’eau est splendide, les montagnes alentours vertigineuses, on en prend plein les yeux et l’appareil photo.

Arrivés à l’extrémité du lac Wanaka, la route va suivre le cours d’une rivière qui y prend sa source. C’est d’abord assez encaissé, avec la forêt subtropicale tout autour. Il y a très peu de monde, heureusement la route est en bon état, il faut juste respecter les vitesses recommandées avant chaque virage et ralentir avant les nombreux « one lane bridge » où nous avons parfois l’impression qu’il y a à peine la place pour nous… Petit à petit, le lit de la rivière s’élargit et le terrain se fait plus plat, offrant des perspectives là encore incroyables. On finit par atteindre la côte peu avant 19h, le trajet aura finalement été l’attraction du jour.
Il reste encore plus de 100km pour rallier Franz Joseph, nous faisons donc halte bien avant dans un « camp site », sorte de camping public minimaliste, mais qui passe très bien quand il s’agit juste de passer la nuit.
4/ Franz Joseph / Fox Glacier
Nous voilà donc sur la côte ouest. On se dit que ça doit être un peu comme l’Irlande, quand il fait beau c’est magnifique. Du moins il parait, pour l’un comme pour l’autre nous n’avons pas eu l’occasion de vérifier (l’Irlande, notre dernier voyage à l’étranger : 8 jours en août 2008 sous la pluie, il nous aura fallu 4 ans et demi pour nous en remettre !). Si l’on a eu droit à un petit rayon de soleil couchant à notre arrivée, la pluie va arriver en force dès la première nuit. On se réjouit de dormir dans un camping car, comparé aux quelques tentes plantées à proximité, on est des petits veinards.

En discutant le lendemain matin avec un français qui fait la route en sens inverse, il semblerait que Fox Glacier soit plus sympa que Franz Joseph glacier. On le croit sur parole et on se rend donc là bas, arrivée sur le coup des 11h. Changement de décors là aussi, nous nous garons là où un siècle plus tôt se trouvait le glacier, qui a bien reculé depuis. Le paysage est encore une fois saisissant, différent de tout ce que l’on connait et de ce que l’on a vu jusque-là. Il y a une petite marche d’approche jusqu’au glacier, et la chance semble nous sourire, il ne pleut pas. On prend quand même les imper, et heureusement, car à peine arrivés à proximité du glacier, ça commence à tomber. Dommage pour les photos ou pour tenter de marcher sur le glacier, on se rapatrie rapidement avant d’aller déjeuner dans un café bien au chaud. On a un peu l’impression de prendre un déjeuner de sport d’hiver, dans un chalet au bord des pistes, où l’on prend des boissons chaudes et où l’on fait sécher les vêtements…

Il va pleuvoir tout l’après midi, du coup on va en profiter pour faire la route jusqu’à Greymouth, qui n’a pas un gros intérêt en soi, mais qui permet de fractionner les trajets en voiture. Mine de rien, notre itinéraire sur l’île du sud fait pas loin de 2000 km sur 10 jours, donc il s’agit de ne pas trainer et de « profiter » des moments pluvieux pour avancer. On arrive le soir dans un camping qui donne vraiment une impression de fin de saison, il fait gris et tout semble désert, en particulier l’immense plage qui s’étire devant nous. Gros point positif, on se park juste à côté des jeux pour enfants, qui incluent un genre de de coussin gonflable géant assez incroyable. On a du mal à capter l’intérêt des enfants sur les époustouflants paysages traversés, alors on se rattrape comme on peut !

Lundi 25 mars marque le début du retour vers la côte Est, et par la même occasion vers le soleil.
En attendant, la journée commence mal : la seule rescapée des rhumes et autres laryngites, j’ai nommé Alice, finit elle aussi par céder au virus. Le camping car n’est assurément pas le meilleur moyen d’éviter les contagions... Cependant, contrairement à Charlyne qui va trainer sa crève jusqu’à l’ïle du Nord, Alice va se remettre en à peine 2 jours.
Après une matinée tranquille (voire ennuyeuse) à Greymouth, on met le cap sur Hanmer Springs, connu pour ses sources chaudes et qualifié dans notre guide de Queenstown des familles. A défaut de l’original, on aura donc la version familiale de la capitale des sports extrêmes.
La route continue de nous ravir, on retrouve des paysages de montagne plus classiques mais superbes à mesure que l’on avance entre les montagnes alpines qui occupent une grande partie de l’île du sud. Il n’est pas toujours aisé de s’arrêter le long de la route, alors on multiplie les clichés embarqués et on stoppe dès que l’on peut sur les points de vue panoramiques. Les photos nous paraissent globalement super nazes par rapport à la beauté de ce que l’on voit, n’est pas photographe de paysage qui veut !

6/ Hanmer Springs
Nous arrivons en fin d’après midi dans cette petite bourgade thermale aux allures de station de ski. Le soleil est enfin de retour, l’ambiance à l’air paisible, on repère les thermes qui ont des allures de parc aquatique ainsi que quelques randos faciles à proximité, le séjour s’annonce bien. Pour les sports extrêmes il faudra néanmoins repasser, on comprend mal l’appellation du guide…
Comme au lac Wanaka, nous restons 2 nuits, ce qui permet d’être un peu plus cool lors de la journée complète sur place. On démarre le matin par une balade en forêt bien sympathique. Il y beaucoup de sentiers, mais le balisage permet d’éviter de se paumer. Quoique… On croise peu de monde, si ce n’est un groupe de trois enfants (genre 8-10 ans) qui ont les yeux rivés sur un plan de la forêt. On ne prête pas plus que ça attention à eux et on continue notre route. 30 minutes plus tard, nous croisons une nana en VTT, un peu essoufflée, qui nous demande si l’on a pas vu 3 enfants qui erraient dans la forêt. On tente de lui expliquer plus ou moins où c’était et on lui demande ce que l’on doit leur dire si on les recroise, avant qu’elle ne reparte à la recherche de ses bambins. On ne saura pas si elle les a retrouvés avant l’ogre, mais l’absence de gros titres dans la presse du lendemain nous laissera espérer un dénouement heureux.

L’après-midi, comme prévu, nous allons aux thermes. Et là ce n’est que du bonheur : de nombreux bassins aux températures qui s’échelonnent de 28 à 40°C, ainsi que 3 toboggans aquatiques dont un fameux « chaudron » comme à Malaka, ça se présente bien. Age limite pour les toboggans : 5 ans, c’est bon. Taille minimum : 1m20, toise à l’appui. Adrien, mets-toi sur la pointe des pieds. Ca passe de justesse, les néo-zélandais sont généralement un peu plus regardant que les malaisiens sur les normes de sécurité. Si l’air extérieur est vivifiant (20°C environ), le soleil permet de profiter pleinement des lieux, et chaque entrée dans un bassin après 30 secondes de transit est un bonheur.
La fin de journée à des allures de vacances : soirée brochettes sur le BBQ à gaz du camping, jeux pour les enfants (dont un trampoline de tout premier plan dont je leur dispute un peu la place), le moral revient en même temps que la santé. On se couche de bonne heure, départ à l’aube le lendemain matin pour rejoindre la côte Est.
7/ Kaikoura
Cette petite ville côtière, nichée dans une jolie péninsule, est surtout connue pour la richesse de la vie marine à proximité. Il y a en effet une profonde faille (1500m) qui attire des baleines, des dauphins et autres otaries. Nous pensions y aller pour une sortie en mer et nager avec les dauphins, mais quand on les appelle la veille pour réserver, on nous informe que l’âge limite pour nager est de huit ans, sans dérogation possible. Et pour couronner le tout, l’accès sur le bateau (même sans plonger) est interdit aux moins de 3 ans. Ils ne doivent pas manquer de demande pour être aussi strict sur leur offre…
On appelle sans trop y croire une autre compagnie, qui propose, elle, d’aller nager avec les otaries à fourrure. C’est un peu moins excitant, mais finalement pourquoi pas. Et là l’ambiance est nettement plus conviviale, pas de soucis pour qu’Adrien aille à l’eau et Alice dans le bateau.
Nous arrivons donc, après deux heures et demi de route depuis Hanmer springs (dans des paysages encore une fois de toute beauté), pour le départ de 11h des « seals swim ». Il fait grand beau, la mer est calme, sur la fin du trajet en camping car nous apercevons près de la côte 3 gros bateaux de snorklers entourés par une mer écumeuse de dauphins.
Notre bateau à nous est plus modeste, et plutôt que dans la baie nous prenons la direction des rochers situés à l’extrémité de la péninsule. Notre pilote ressemble à un vieux briscard, il parle avec un accent à couper au couteau, mais son expérience des lieux (apparemment il fait ça depuis 23 ans) nous rassure quand il se met à zigzaguer entre les rochers à fleur d’eau. Le cadre est magnifique, ça nous rappelle un peu les côtes bretonnes, et l’on commence à apercevoir des otaries qui se dorent la pilule sur les rochers. Mais dans l’eau, à part un petit pingounet tout mignon qui se fait secouer par la petite houle, point d’otaries prêtes à jouer. Or les consignes sont assez claires : il s’agit d’animaux sauvages, pas question de les déranger quand elles sont sur les rochers, c’est à elles qu’il appartient de nous montrer qu’elles veulent jouer en allant dans l’eau. On ne saurait discuter ce genre de principe, même si cela génère des sorties « bredouilles », cela permet de conserver un côté nature et authentique à l’expérience. D’autant qu’à part nous et les 2 couples d’allemands fort sympathiques qui complètent l’équipage, il n’y a personne dans les environs. L’otarie fait moins recette que le dauphin ou la baleine, et c’est toujours ça de pris, au moins on est tranquille.
Après une heure de navigation autour des rochers, on finit par se caler dans un petit abri naturel où l’on a vu quelques otaries se mettre à l’eau. On se met tous vite à l’eau, mais Adrien en ressort assez vite : malgré ses trois combinaisons (2 intégrales et un shorty, mais l’épaisseur ne fait pas tout), il a vite froid dans l’eau pourtant à 17°C. Le retour en France promet d’être rude…
Malheureusement ce ne sera pas la grande animation chez nos amies les otaries : elles ne se mettent à l’eau qu’une par une, passe près de nous mais sans vraiment interagir, bref on les voit de près mais on ne peut pas dire que l’on nage vraiment avec elles. Une viendra quand même tousser à 30 cm de ma figure, ce qui est plutôt impressionnant, mais comme j'ai mon masque je ne sais toujours pas dire si les otaries ont une haleine de phoque... Au bout de 45 min les deux filles sortent de l’eau en quasi hypothermie, et l’on rentre au port en restant un peu sur notre faim - d’autant qu’il est 14h… La compagnie nous rembourse royalement la moitié du prix et nous invite à revenir le lendemain pour une nouvelle sortie à moitié prix. On sera presque tenté de rester tant les gens sont charmants et la sortie sympa, mais entre Charlyne toujours convalescente, Alice qui ne plonge pas non plus et Adrien qui a froid au bout de 5 minutes dans l’eau (ceci dit avec des otaries autour je suis persuadé qu’il oublierait bien vite le froid !), on préfère laisser tomber. Après un bon déjeuner où l’on goute notre première et délicieuse souris d’agneau (merci Anne de nous l’avoir rappeler !), on reprend la route vers Tasman Bay, tout au nord de l’Ile du Sud.
8/ Tasman Bay
On pensait rejoindre Nelson, au début de la baie de Tasman, le soir même, mais la route est un peu longue depuis Kaikoura, on va donc se poser pour la nuit dans un camp site assez improbable : indiqué dans une brochure locale, mais avec aucun panneau l’annonçant, on doit s’éloigner de la route principale d’une quinzaine de kilomètres et suivre scrupuleusement les indications de la brochure. On pense renoncer lorsqu’on arrive, à la tombée de la nuit, dans un grand espace gazonné où est installé… un seul camping-car. On sera même à moitié rassuré lorsque celui-ci va quitter les lieux 30 minutes plus tard, sans doute vexé de ne pas avoir l’exclusivité du camp site. La nuit est particulièrement calme, et l’ambiance champêtre du petit matin super sympa. On en profite pour trainer un peu au soleil et faire des tours dans les bois environnants, on a l’impression d’être les Robinsons de la montagne.

Nous prenons le parti de ne pas se presser pour cette journée avec encore un peu de route. Arrivés à Nelson pour le déjeuner, on s’installe près de la plage où se trouvent aussi de nombreux jeux, et l’on passe une bonne partie de l’après-midi, entre devoirs d’Adrien, baignade, plage et jeux, sans autres objectifs ambitieux.

Nous rejoignons en fin de journée Kaiteriteri, petite station balnéaire sympathique qui constitue un bon point de départ pour les expéditions vers le parc National de la Baie de Tasman, situé à l’extrémité nord ouest de la baie. Même s’il reste facile de trouver des places face à la plage, la saison ne semble pas complètement achevée là-bas : encore de nombreux vacanciers, dont beaucoup de néo-zélandais, qui viennent en 4x4 avec leur caravane ou leur bateau (ou les deux) pour profiter des dernières chaleurs de ce qu’il conviendrait d’appeler l’été indien.
On va bien en profiter nous aussi, d’abord en restant une journée à Kaiteriteri, entre plage et jeux pour enfants (toujours très élaborés en NZ). Bien que très jolie, la plage est un peu encombrée par de nombreux bateaux qui partent ou viennent accoster en permanence. Autre petit désagrément qui nous fait halluciner : plusieurs bateaux tractent des mono-ski et autres wakeboard, mais contrairement à chez nous, ils sont manifestement autorisés à partir du bord. A la limite pourquoi pas, même si c’est moyennement agréable pour les plagistes. Là où on reste pantois, c’est que non content d’en partir, ils y reviennent pour faire des virages à fond juste devant les enfants qui se baignent au bord. On croit rêver devant ce niveau de m’a-tu-vu qui nous semble extrêmement dangereux, mais qui ne choque personne là-bas. La notion de sécurité, pourtant très présente en NZ, revêt des aspects parfois assez étonnants…
Au porte du parc national, Kaiteriteri a de beaux atouts. Mais c'est impossible à retenir comme nom.

On retrouve un peu les mêmes contradictions dans le bateau taxi qui nous emmène le lendemain vers le parc national : briefing sécurité, gilets de sauvetage obligatoires… mais on zigzague à fond les ballons entre les rochers à fleur d’eau.
On se fait déposer à The Anchorage, sorte d’abri naturel dont rêverait n’importe quel plaisancier, ils sont d’ailleurs assez nombreux au fond de cette baie très fermée. Nous partons pour une petite boucle d’une heure et demi qui offre un très beau point de vue sur cette baie et donne un aperçu franchement sympa du parc national, qui peut se traverser à pied ou en kayak en 3 ou 4 jours, ce qui ne doit pas être déplaisant vue la beauté du cadre. Nous profiterons aussi de la jolie plage dont les températures nous rappellent celles de la Bretagne en été, les enfants ont par contre beaucoup de mal à se réadapter après 2 mois et demi de climat tropical.
Conclusion Ile du Sud
On manque encore un peu de recul pour savoir si l’on a bien fait de se hâter à rejoindre l’île du Nord. Même si nous avons tenu le planning que nous nous étions fixé, nous prolongeons notre séjour en NZ d’une semaine, de manière à avoir un peu plus de temps pour la suite, notamment Auckland et l’extrême nord, où l’on espère trouver des températures plus estivales.
Ce que l’on peut dire en tout cas, c’est que 10 jours de camping-car sur l’île du sud, c’est court. Nous n’avons pas pu descendre très au sud (vu la saison, ce n’est pas dramatique), et nous avons l’impression d’avoir globalement parcouru l’île au pas de course.
On ne peut pas dire que la route fut en soi pénible : sur 1800 km parcourus, au moins 1500 se font au milieu de paysages grandioses, on passe notre temps à regarder partout. C’est un peu moins intéressant pour les enfants, qui ne voient pas grand-chose depuis leur siège, heureusement l’Ipad et les Barbapapa (merci Aurélie !) permettent de les tenir tranquilles lors des tronçons les plus longs.
Par contre, à chaque endroit visité, nous sommes restés un peu sur notre faim devant l’énorme potentiel d’activités possibles. Ne serait-ce que pour les randos, nous avons vu un nombre incalculable de départs le long de la route où l’on serait tenté, si on avait le temps, de s’arrêter et d’y aller. Bref, il peut être intéressant de se laisser des marges dans un périple dans l’île du Sud…
Enfin, sur les 15 jours depuis notre arrivée à Christchurch, nous avons eu à peu près 2 jours où tout le monde était en forme. Ca limite forcément un peu aussi les activités que l’on peut envisager.
Nous conserverons néanmoins un super souvenir de ces 15 jours, autant pour ce qu’on a fait et vu que pour ce qu’on souhaiterait venir y faire et refaire. Variée, sauvage, immense, magnifique, on peut difficilement résister aux atouts de cette terre loin de tout. Et la période de Mars n’est sans doute pas si mauvaise pour en profiter, c’est un choix entre température et fréquentation touristique dont l’optimum doit se situer peu de temps avant la période où nous sommes passés.
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