19 -28 janvier 2013 : Thaïlande (2/2)
2/ CHIANG MAI

A tous ceux qui trouvent que le transport ferroviaire en France est de mauvaise qualité, nous recommandons un voyage en Thailande – et il y a surement d’autres destinations possibles…
Le train Bangkok – Chang Mai s’appelle « l’express ». 15h pour parcourir 600 km, on n’ose imaginer ce que ce serait avec le train standard. Si le Paris-Nantes avait les mêmes performances, la logistique familiale (hors congés exceptionnels…) serait franchement compliquée. L’état de la ligne contraste radicalement avec le Skytrain : la voie est en mauvais état, même à petite vitesse ça bouge beaucoup.
Ceci étant, passé ces petits désagréments, le trajet en train de nuit va être une très chouette expérience avec les enfants. D’abord nous avons un excellent repas servis à la place. Là pour le coup la nourriture est exclusivement Thaïlandaise, et comme quoi les enfants s’adaptent aux circonstances, ils vont très bien manger. Après le repas, quelqu’un vient transformer les carrés en couchettes. C’est assez différent de nos trains couchette : il n’y a pas de cabine séparée, le couloir reste au milieu, et les couchettes sont dans l’alignement du train. Nouvelle bonne surprise : des 4 couchettes que nous pensions avoir, nous avons en fait 2 « lits » doubles et 2 couchettes simples, chacun isolé du couloir central par un rideau. Ambiance cabane pour les enfants, nous les couchons ensemble et poussons même le vice en installant l’Ipad en hauteur pour quelques dessins animés avant de dormir. Bref c’est comme la « first » sur A380, hormis la vitesse de croisière…
Les trains peuvent être également des lieux de rencontre – sans doute moins vrai pour les trains de nuit, encore que… Nous allons en faire une sympa, quoi qu’un peu vexante, avec une autre famille. Nous pensions être plutôt hors normes avec des enfants de 2 et 5 ans dans le train de nuit pour Chiang Mai. A Ayutthaya, 2 heures après le départ de Bangkok, nous voyons monter et s’installer dans le carré à côté du nôtre un couple avec 2 portes bébés contenant chacun, assez logiquement, 1 bébé. Renseignement pris, l’ainé va bientôt avoir 2 ans, et la plus jeune a 6 mois. Là on passe un peu pour des rigolos avec nos pré-ados… Nous les re-croiserons 2 fois par hasard à Chang Mai, et il se trouve qu’il s’agit également de petits Lu, partis pour 3 semaines en Thaïlande – ils sont forts ces Nantais !

Petit rectificatif avant de revenir sur Chiang Mai : le Lonely donne bien les écritures en Thaï des principaux sites touristiques, il suffit de bien regarder. Et pour ceux qui trouvent que cette écriture n’a pas l’air si difficile, je vous propose d’essayer de déchiffrer ce qui est écrit sur les bouteilles de bière locale, la Singha. Au début j’ai cru que c’était un code barre. Un we à Nantes offert à celui ou celle qui fait la traduction !
Avant d’arriver à Chiang Mai, nous imaginions une petite bourgade provinciale avec la campagne au coin de la rue. En fait, l’agglomération de Chiang Mai serait la deuxième de Thaïlande avec 700 000 habitants. Pour autant dès notre arrivée, nous nous y sentons plus à l’aise qu’à Bangkok : le matin apporte un peu de fraîcheur, les rues sont plus dégagées, les constructions moins hautes. Nous prenons un Taxi Rouge, sorte de 4L allongée où l’on monte par l’arrière et on s’assoit sur un des deux bancs latéraux, et partons pour le River View Lodge, recommandé par le Lonely, où nous avons réservé notre première nuit.
La première journée sera consacrée au repérage de la ville et des activités. Après un tour dans la vieille ville, nous arrivons à la conclusion que notre lodge, quoi qu’un peu excentré et pas super bon marché, est un bon compromis entre confort, calme, et prix. Nous y resterons donc sans regret les 5 nuits que nous passerons à Chiang Mai. Pour les activités, il y a de quoi faire, pour tous les âges et tous les goûts : la capitale du Lanna, en plus de ses nombreux temples, propose toutes sortes d’activité de plein air : rando, VTT, rafting (tout ça nous intéresse modérément) ainsi que des visites de parcs d’éléphants, accrobranche, parcours vélo, zoo (là on est plus dans le cœur de cible). Le choix est vite fait de booker la journée du lendemain chez les pachydermes.
La journée avec les éléphants était l’un des arguments phare de la campagne de pub que nous avons menée auprès d’Adrien pour lui donner l’envie de faire le voyage. Autant dire que les attentes dudit Adrien étaient élevées. Et elles n’ont pas été déçues.

Pour une fois, malgré un départ pré-auroresque (8h30) nous n’avons pas de mal à tirer Adrien du lit. Après 45 min de ramassage du reste du groupe (au total nous serons 10 français et 2 canadiens) dans la ville et 1h30 de route vers le parc de Baan Chang, nous arrivons au camp. Rien d’extraordinaire à première vue, mais nous apercevons bientôt des silhouettes d’éléphants qui font monter l’excitation. Avant toute chose, nous avons le droit à un briefing d’Eddy, qui va à l’essentiel sur les caractéristiques de l’animal (temps d’accouplement, longueur du sexe, poids du caca, etc…) puis un cours de linguistique. On note les 7 ou 8 ordres importants (en avant! Stop! Tourne! etc...) que nous finirons par connaître à la fin de la journée. Pendant l’exposé, un « jeune » éléphant de 7 ans s’approche avec son mahout sur la tête et rend cette première présentation vivante et assez drôle. Pour l’heure Adrien n’ose pas trop s’approcher, l’idée ne doit même pas effleurer Alice qui est sur ses gardes.

Nous rejoignons ensuite une sorte de manège, où nous allons donner à manger aux éléphants – le meilleur moyen pour devenir copains avec eux – avant de mettre en pratique les quelques mots appris en faisant un tour de manège sur leur dos. Le moment drôle est quand on arrive à la fin du régime de banane et que Jumbo vérifie qu’on n’en cache pas une quelque part. Adrien s’enfuit à toute jambe à ce moment-là, Alice refuse quant à elle catégoriquement de s’approcher de ces monstres, même dans les bras. Pour son premier tour, Alice sera dans les bras d’un mahout, et voyant qu’elle se prépare à fondre en larme, nous faisons monter devant elle, sur le cou de l’éléphant, son grand frère. Ça passe à peu près, mais nous sommes moyennement confiant pour la ballade d’une heure prévue l’après midi. Pour Charlyne, une fois passée le traumatisme d’avoir marché pieds nus dans une crotte d’éléphant – qui ressemble davantage, et fort heureusement, à un crottin de cheval qu’à une bouse de vache – la conduite se passe parfaitement, malgré un fort accent français dans les ordres donnés. Bien que l’éléphant offre une grande stabilité et une assise très large avec des bonnes prises (la peau, les oreilles…), vue la hauteur à laquelle on se trouve, on n’ose pas trop faire les malins une fois assis. Contrairement aux mahouts qui s’en donnent à cœur joie et gambadent sur les bestiaux comme Legolas sur les créatures titanesques du Seigneur des Anneaux. Nous on reste plutôt au niveau de Gimli…

Pour la ballade, si tout le monde monte a cru, Eddy nous recommande pour Alice de partir avec une petite nacelle. Adrien part avec le jeune éléphant vu en début de matinée, Charlyne va chevaucher une éléphante un peu plus grande. Et c’est papa qui s’y colle avec Alice sur la nacelle. Ils n’ont pas pris le plus vivace du troupeau, et nous finirons la ballade 20 bonnes minutes après tout le monde. Comment fait-on pour faire avancer un éléphant ? Une fois qu’il a compris qu’il avait affaire à des rigolos, on laisse faire le mahout qui nous accompagne, et surtout on n’oublie pas de donner une pousse de bambou à chaque fois que Jumbo réclame, à savoir tous les 20 mètres environ.
La ballade se termine à la rivière pour une baignade et un copieux arrosage par des trompes plutôt réjouies de cette pause aquatique. Alice, qui était sur le point de s’endormir, goute moyennement à cette douche froide, mais Adrien continue de s’en donner à cœur joie. Nul doute que cette journée sera un temps fort du début du voyage pour lui, et les nombreuses photos que nous récupérons (dont un CD que nous n'avons pas le moyens de lire pour le moment !!) devraient laisser des souvenirs pour longtemps.
Les 4 autres journées passées à Chang Mai seront plutôt tranquilles, nous alternons visites et activités à un rythme adapté aux enfants, sans trop sortir des classiques. Pour le côté aventures, il faudra repasser, mais ces 5 jours passés sans bouger dans l’atmosphère conviviale et détendue de cette ville sont très appréciables. En quelques mots nos principales impressions :

Le zoo : très grand, avec un superbe aquarium à l’intérieur, des pandas, etc… Nous pensions y passer la matinée, nous y passerons presque la journée. Beaucoup de scolaires en semaine, mais vue la taille du lieu très arboré, on était très tranquilles.

Les temples : de nombreux temples dans la vieille ville de Chiang Mai, nous visitons 3 d’entre eux en fin de journée, la lumière du soir donnant de magnifiques couleurs à ces édifices aux styles exubérants qu’apprécieront les enfants autant que les parents. Le Wat Phrathat Doi Suthep, situé à l’extérieur de la ville sur les hauteurs, ne nous laissera pas quant à lui un souvenir impérissable : beaucoup de monde, très touristique (mais aussi beaucoup de fidèles), et le temple en lui-même n’est pas extraordinaire, même si la vue sur la ville est sympa.

L’accrobranche : succès garanti avec Adrien, d’autant qu’un moniteur attentionné est vite devenu son idole. Rien à dire au niveau sécurité, et de belles tyroliennes. Pendant ce temps, papa et Alice ont fait un tour de vélo dans la « campagne » à 20 minutes de la ville, ballade entre rizières et zones résidentielles étonnamment cossues, avec des arrêts fréquents et intéressants (marchés, artisanats locaux, dont un atelier de fabrication d'éléphant en bois de toutes sortes qui plairait bien à la Tatie Cric …). Alice a encore trouvé le moyen de s’endormir sur le vélo…

L’hôpital – section pédiatrie : qu’on se rassure tout de suite, tout va bien ! Un peu inquiets par la réaction qu’Alice fait au BCG, et malgré deux téléconsultations faites la veille (Titof sur Skype depuis le Mali, Thomas par mail depuis Morlaix, merci à tous les deux !) nous nous rendons à l’hôpital de Chang Mai dimanche matin. L’endroit est tout simplement incroyable, on en oublierait presque qu’on est dans un hôpital : un décor à la star treck, des jeux, des hôtesses (/ infirmières ?) partout aux petits soins, les enfants y passeront deux heures plutôt agréables ! La réaction d’Alice, même si elle impressionnante, n’a rien d’anormale, il faut simplement désinfecter et surveiller pour faire d’éventuels soins locaux si besoin. Cela confirme les télé-diagnostiques et achève de nous rassurer avant de partir pour le Laos.
Les massages : il y en a partout, on ne peut pas dire que nous en ayons abusé, Alice étant trop petite pour cela. Mais une découverte plutôt plaisante pour Adrien qui en redemande !
Les restaurants : là aussi l’offre est pléthorique, on mange très bien à 4 pour une vingtaine d’euros, alors on ne s’en prive pas. Nous n’avons pas essayé les marchés et autres gargottes, mais en discutant avec d’autres personnes – sans enfants – il y a de quoi faire de ce côté-là aussi.
Voilà pour l’essentiel. Nous repartons de Chang Mai très satisfaits et bien reposés, même si les journées ont finalement été bien remplies. Comme pour les Philippines, on se dit que le potentiel des lieux est énorme et que nous n’en avons eu qu’un petit aperçu. En revanche, ce qui peut être vu comme un avantage sur le moment présent, mais a posteriori un peu frustrant, est le manque d’incertitude, de difficultés, en un mot le manque d’aventure (et pourtant il ne nous en faut pas beaucoup !) de cette destination très touristique. Peut-être que notre prochaine étape à Luang Prabang nous ramènera ce petit parfum de terre inconnue ? Espérons-le, c’est quand même le titre de blog !!
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