Canada – 2/3 – Ile de VANCOUVER
Une semaine n'est pas de trop pour découvrir l'ïle de Vancouver : 5h de route entre Victoria et Tofino...
a/ Victoria
Ca y est, c’est parti.
Il nous aura fallu 7 jours avant d’avoir une journée qui nous mette vraiment dans l’ambiance. Non pas que les 6 premiers jours aient été dénués d’intérêt, bien au contraire, mais il y manquait quelque chose.
Ce dimanche 13 août, nous passons notre 3ème journée à Victoria, sur l’ïle de Vancouver. C’aurait surement été une journée de trop si l’on avait été dans des vacances classiques, mais là on n’avait pas spécialement optimisé.
Le vendredi, après une traversée sans encombre entre Vancouver et Nanaimo, où nous récupérons une voiture pour notre semaine sur l’île (j’aurais l’occasion d’y revenir), et le trajet jusqu’à Victoria, nous avons encore un peu de temps pour un tour et un diner dans la ville. Nous profiterons également de la ville de Victoria (son port, son parc, etc…) le lendemain, ainsi que des butchard gardens à 20 min de là, tout comme beaucoup de touristes présents sur place.
Pour le dimanche, nous avions dans l’idée de faire une sortie en bateau pour aller observer les baleines et les orques, mais la météo s’annonce très ventée, donc peu propice pour l’observation (ni pour le confort…). Bref, samedi soir, à part finir l’article sur Vancouver, nous sommes un peu à court d’idée, et notre lonely planet aussi…
Charlyne regarde sur internet les parcs naturels à l’ouest de Victoria, et après quelques recherches, tombe sur quelque chose qui a l’air sympa : le parc provincial de Sooke, à 45 min de route de Victoria. Parc avec des randonnées en forêt et le long de la côte, on prend.
On part donc ce dimanche matin par un beau soleil et déjà presque 20°C, on y croit, mais en s’approchant du parc le ciel se couvre, jusqu’à se prendre une averse, et la température chute à 14°C. Le moral en prend un coup, les enfants nous demandent de rentrer à l’hôtel, mais on pousse tout de même, par acquis de conscience, jusqu’au départ de la rando (Pike road, l’une des 3 entrées, à l’ouest du parc).
Le long de la route, entre mer et forêt, quelques habitations assez espacées, dont on ne distingue en général que la boite aux lettres et le portail, le reste se perd dans la verdure. On se sent déjà un peu sortis des sentiers battus. Sur le parking au départ, également en pleine forêt, une demi-douzaine de voiture dispersées, ça nous change un peu. La pluie a cessé, mais on regrette d’être partis en short (sens propre et figuré), ça caille, on a juste pris une doudoune pour les enfants, c’est toujours ça. Au départ du trail, une bénévole nous renseigne sur les différents parcours, et nous remet à chacun un pin’s Canada du plus bel effet…
La balade débute par un sentier facile dans la forêt. Forêt humide, les arbres d’une belle hauteur sont couverts de mousse, nous marchons pendant un kilomètre et demi avant d’arriver sur une petite crique, que j’aurais tendance à qualifier « de toute beauté » (en insistant sur le « beau »). Cela nous permet de distinguer le ciel, qui comme par miracle est devenu parfaitement bleu, avec un soleil radieux qui se réfléchit sur la mer. A part 3 dames assises sur un tronc d’arbre, l’endroit est désert. Nous envisageons une petite baignade, malgré une température encore frisquette (sans parler de l’eau…).
Mais un promontoire rocheux s’avançant dans la mer, d’ascension facile, attire mon attention : « on doit avoir une belle vue de là-haut pour observer l’océan ». Je monte donc, et à peine installé, BIM : j’aperçois, à environ 300 mètres du bord, le souffle d’une baleine ! Le temps de comprendre, de mieux voir, d’appeler les enfants, et de trouver mon appareil pour immortaliser une photo, elles disparaissent. Les enfants arrivent finalement 5 minutes plus tard (pause pipi…), je leur raconte, ils ne me croient pas. Et tout à coup, re-BIM : cette fois à une centaine de mètres de nous, des mouvements de grosses bébètes qui longent la côte. Pas d’ailerons, pas de souffle, probablement des otaries ou des lions de mer…
Du coup on va rester une bonne demi-heure à scruter la mer, mais sans plus rien voir. On se dit qu’on a eu de la chance au début, et on poursuit par le trail le long de la côte. Là c’est beaucoup plus accidenté, au bout de 30 min on finit par rebrousser chemin. On passe notre temps à regarder l’océan, pour essayer d’apercevoir quelque chose, mais on ne distingue plus rien.
Adrien avait pris un peu d’avance sur nous, et à un moment donné, nous le voyons revenir dans un état d’excitation assez avancé. Qu’a-t’il vu ? Des orques ? Une baleine à bosse ?? Non, plus incroyable encore, Adrien a vu un écureuil… Et chose peu banale, il faut l’admettre, ledit écureuil est venu jusqu’à grimper sur sa jambe, tandis qu’Adrien, là où certains (moi compris sans doute) auraient tout fait pour l’éloigner, restait lui stoïque, émerveillé que le rongeur le prenne pour un arbre.
Nous rentrerons par un chemin détourné, beaucoup moins facile qu’à l’aller, avec quelques doutes d’itinéraire, mais finalement très sympa avec cette sensation d’être seuls (et pour ce qui concerne Charlyne et les enfants qui m’accordent une indéfectible confiance : perdus) au milieu de la forêt.
L’après-midi sera un franc succès lui aussi : déjeuner au soleil commandé à un improbable foodtruck installé au milieu de nulle part (le tenancier semblait accorder beaucoup d’importance à ce que des français apprécient sa cuisine), et nous nous arrêtons sur la route du retour à un « parc aventure » repéré à l’aller. La chance est encore de notre côté, à peine arrivés nous pouvons partir pour une descente de 8 tyroliennes (zipline).
Charlyne décline (les tarifs sont assez dissuasifs…), et je me retrouve avec les enfants dans un groupe de 4 (nous et un québécois) avec 2 moniteurs, dont une qui gère Alice. Bref, le service VIP. Et le parcours de folie : la plus longue des tyroliennes fait 1000 pieds, on navigue entre le milieu et la cime d’arbres d’un fort beau gabarit, et le guide nous incite à faire une nouvelle position à chaque étape, la préférée étant « spiderman », jambes fléchies, tête en bas, une main accrochée à la sangle, l’autre qui tire des toiles d’araignées sur les ennemis imaginaires cachés dans les arbres. Adrien est fan, je ne m’ennuie pas non plus, et Alice, qui reste en tandem dans des positions plus classiques, s’éclate aussi sans montrer le moindre signe de stress.
On décide ensuite de continuer sur notre bonne lancée en retournant dans le parc de Sooke, côté est cette fois-ci. Nous débarquons, au moment où les quelques pique-niqueurs du dimanche en repartent, sur une plage que l’on pourrait qualifier de paradisiaque : sable fin, eau cristalline, on remplace les cocotiers par des pins et tout y est. Un détail toutefois : l’eau est à 15°C… moins que dans un lagon à 27°.
Toujours est il qu’on est sous le charme, on regarde l’eau bien à l’abris du vent en se disant que cette fois-ci on va vraiment aller se baigner, quand sans prévenir, re-re-BIM : à 20m de nous (ça se rapproche !!), une otarie (ou lion de mer, on n’est pas encore super calés) sort sa tête de l’eau, nous regarde quelques secondes, et repart. On aura beau chercher, impossible de la revoir ensuite – ni aucun autre mammifère marin – dans l’heure que l’on va passer là.
Adrien ira se baigner entièrement, moi je renoncerai avec le l’eau à peine au-dessus du genou, je me fais vieux…
On terminera la journée au Fisherman wharf à Victoria, à prendre un fish & chips au milieu des maisons flottantes, dont le soleil déclinant faisait encore davantage ressortir les couleurs.
Comme disait le regretté Lou Reed, « such a perfect day ».
J’ai même été à 2 doigts, en fin de journée, de réussir un créneau avec le char d’assaut qui nous sert de voiture de location. Car le véhicule standard chez les loueurs de l’ïle de Vancouver, c’est un gros SUV Chevrolet à 3 rangées de sièges qui consomme 12l au 100km. J’avais réservé une voiture de type Ford Focus, il y a dû y avoir un bug… Ceci étant, on est encore en dessous de la moyenne des voitures que l’on va croiser, notamment du côté de Tofino, où l’énorme Pick Up 4x4 est de rigueur. Ce qui est, à la décharge de leurs propriétaires, bien pratique pour stocker les planches de surf…*
b/ Tofino
Petite nouveauté de ce voyage par rapport à 2013, le parcours intègre quelques destinations « glisse », ce qui n’a pas échappé à l’ami Bbert. C’est Charlyne qui a insisté, « je veux vraiment me perfectionner en surf et windsurf », et j’ai cédé… En plus de Tofino, réputé pour le surf, nous avons prévu une escale à Jericoacoara au Brésil, plus réputé pour son vent, et peut-être quelques opportunités se présenteront aussi au Chili du côté de Pichemelu, avec des vagues interminables pour le surf et pour la planche.
Après 5h de voiture depuis Victoria pour gagner la côté ouest au milieu de l’ïle, nous arrivons donc en milieu d’après midi à Tofino, qui constitue une sorte de bout du monde : la route se termine par une petite bourgade portuaire, ancien village hippie, où l’on repère assez vite l’activité principale des gens qui s’y rendent.
Pour se faire une idée, il faut imaginer une station de ski des alpes, où l’on remplace le ski par le surf : des magasins de locations à tous les coins de rue, et en guise de plan de pistes la carte des spots :
- Plage verte (MacKenzie), celle où nous logeons, quasiment pas de vague, juste pour le SUP (Stand Up Paddle) en version balade
- Plage bleue (South Chesterman), celle où nous allons tester notre nouveau matériel le matin suivant notre arrivée, plage idéale pour l’apprentissage avec des petites vagues, qui peut servir de repli par grosse houle
- Plage rouge (Cox bay), qui reçoit copieusement la houle du Pacifique.
En dehors du surf, l’autre point d’attraction, qui explique qu’il y ait quand même quelques familles présentes sur place, est l’observation des baleines, notamment les baleines grises très présentes dans le dédale d’ïle autour de Tofino. Après avoir raté la chance au grattage à Victoria, nous avons donc encore une chance au tirage…
Au niveau du climat, Tofino est plutôt capricieux : la météo est très changeante, et nous oscillerons entre un magnifique ciel bleu (alors que la veille était encore annoncée de la pluie) et, pour notre départ, une bonne boucaille (comme dirait Gwendal), avec une pluie / bruine et peu de visibilité. Les températures oscillent quant à elles entre 15 et 22°C pour ce qui est de l’air, et autour de 14°C pour ce qui est de l’eau.
Ce qui est drôle, c’est que nous aurions certainement passé beaucoup moins de temps dans l’eau si elle avait été un peu plus chaude : le port d’une combinaison étant de toute façon nécessaire, nous avons (les enfants et moi, Charlyne préfère nous regarder depuis sa serviette) loué des intégrales de 5mm d’épaisseur, qui nous ont permis 3 baignades de 2 bonnes heures chacune sur les 3 journées où nous étions présents. Finalement, à moins d’être allergique au néoprène, ces conditions ne sont pas vraiment problématiques, et elles ne dissuadent pas en tout cas de nombreux canadiens en quête de vague.
Voici donc ce à quoi nous avons occupé ces 3 journées (du mardi 15 au jeudi 17) dont nous conserverons tous, je pense, des souvenirs pour longtemps.
Observation des baleines
Après avoir fait le tour des agences spécialisées sur place, comparer les prix, les horaires, hésiter sur le meilleur moment pour y aller, nous réservons un tour mercredi matin, départ 10h30. Suffisamment tôt pour ne pas avoir de vent et mieux distinguer les bestioles, suffisamment tard pour espérer que la brume matinale soit levée. Pour le vent le calcul était bon, pour la nébulosité on sera 2h trop tôt, l’ambiance sera plutôt grise et un peu humide. Vu l’âge et la taille d’Alice, nous devons prendre un « gros » bateau, les zodiacs nécessitent d’avoir 8 ans. Ce n’est pas un gros souci, le bateau en question embarque une vingtaine de passagers seulement, se déplace assez vite, et offre un espace abrité pas totalement superflu ce matin-là.
A la réservation, on nous avait déjà prévenu : nous sommes à peu près sûrs de voir des baleines grises, qui vivent dans le coin, en revanche les orques et les baleines à bosses ne font que passer (contrairement aux environs de Victoria), les chances d’en voir sont donc bien minces.
La surprise sera donc d’autant plus belle quand, après une heure de navigation entre les îles qui entourent Tofino, nous tombons sur un groupe d’une demi-douzaine d’orques. Il n’y a que 2 petits bateaux sur zone, dont un vraiment tout simple qui doit se trouver à quelques mètres des ailerons. Nous sommes de notre côté un peu plus éloigné (l’attitude de notre capitaine est difficilement critiquable, on s’approche un peu, on coupe les moteurs, mais pas question de foncer à proximité), à une centaine de mètres, mais on les distingue très bien, notamment quand l’un d’eux sort sa tête, deux ou trois secondes qui nous font à chaque fois forte impression.
Après une vingtaine de minutes devant ce beau spectacle, nous repartons en direction du spot à baleine grise. En route la capitaine aperçoit un groupe de lions de mer installés sur un rocher, et fait un détour pour que l’on puisse les voir de plus près. Ceux-ci ne sont pas le moins du monde impressionnés par notre présence, ils ont plutôt tendance à nous regarder avec dédain… mais on ne dédaigne pas ce spectacle non plus.
Pour les baleines grises, la baie où trois d’entre elles ont élu domicile est déserte lorsque nous arrivons. Elles sont faciles à localiser avec leurs jets d’eau, mais avec notre technique d’approche non intrusive, il nous faudra une bonne demi-heure avant d’en voir une de près, et pour le coup d’assez près. C’est assez impressionnant (la taille, le jet, le bruit quand elle respire), même si la baleine grise n’est pas des plus facétieuses. Au mieux elle montre le bout de sa queue quand elle part en plongée, mais la vidéo que j’ai faite s’arrête juste avant !
Parmi les iles, il y a une baleines. la photo est loin de rendre ce que l'on ressent à proximité d'un tel animal...
Ces 3h de sortie en mer auront en tout cas fait l’unanimité, on revient tous conquis par ces images exceptionnelles, et conscients que l’on a eu beaucoup de chance aussi – la capitaine disait « super lucky » à propos des orques.
Surf (si les vagues ne vous passionnent pas, faites comme Charlyne, sauter ce paragraphe!]
Curieusement, la pratique du SUP dans les vagues, qui commence à se répandre dans le monde du surf, est encore très marginale ici. De tout le séjour, pas une seule fois je ne vais voir un autre paddle aller dans les vagues. Je vais d’ailleurs avoir un peu de peine (un peu seulement) à trouver une planche à me mettre sous les pieds, mais en discutant avec le loueur de paddle gonflables de notre plage, nous allons trouver un spécialiste du paddle qui me propose une planche assez proche de celle que j’utilise en Bretagne : suffisamment grosse pour ne pas être trop casse gueule, et suffisamment petite pour rester manœuvrable au surf. Pour Adrien, nous optons pour un petit SUP gonflable, large et court, qui devrait lui permettre de prendre facilement de petites vagues.
Pour notre première sortie, la houle étant petite ce mardi midi, nous optons pour la plage « bleue ». Les vagues sont effectivement petites, Adrien les trouve même « ridicules », mais vont au final s’avérer largement suffisantes : elles me permettent de décoller et même d’enchainer de petits virages, et Adrien a déjà bien du mal à passer les mousses et à décoller. Il parvient quand même, avec un peu d’aide, à prendre quelques vagues, mais je réalise qu’avec sa planche l’idéal est vraiment de toutes petites conditions.
C’est ce que nous trouverons les 2 jours suivant, avec une houle grossissante ailleurs, sur la plage « verte », juste en face de notre « cabin ». Le concept s’éloigne un peu du surf conventionnel, mais avec ce petit SUP, des mini-vagues et 2 enfants déchainés, il y a de quoi s’occuper : sauter les vagues, les surfer à 1, 2 ou 3, faire le poirier en surfant, pas le temps de s’ennuyer. Et c’est tout de même formateur je pense…
Pour le reste, je vais mettre à profit les 3 débuts de matinée suivant pour prendre mon compte de vague. Le créneau 6h-8h à ma préférence, pour plusieurs raisons. La raison officielle, c’est qu’il n’entame pas le reste de la journée, je réveille le reste de la maisonnée à mon retour. Les autres raisons : généralement peu de vent, les vagues sont plus propres, et toujours moins de monde, les cours démarrent toujours après. Ceci étant, même à 6h, je ne serais jamais le premier sur l’eau, le canadien est matinal…
La première session matinale, mercredi, sera riche en émotion. Vue du bord de la plage « rouge », les vagues semblent déjà de bonnes tailles (6 pieds annoncés), et la quantité de mousses à franchir indiquent déjà un passage de barre délicat. C’est un peu la limite du SUP dans les vagues : la planche ne permet pas de faire un « canard » sous les vagues, il faut passer au-dessus, et généralement se ramasser. Ce n’est pas une première : ceux qui ont eu l’occasion d’arborer les plages de Guidel de bon matin à l’été 2016, et dans une moindre mesure à l’été 2017, ont certainement apprécié le festival de chutes des frères Roptins sur leur paddle.
Mais ce mercredi matin, il me faut une bonne dizaine de minutes de lutte acharnée, avec autant de vagues dans la tronche, avant de passer la barre. Comme toujours, quand on y est, c’est toujours plus gros que vu du bord. En tout cas comme réveil c’est vivifiant. Une fois installé derrière la zone de déferlement, je peux apprécier le spectacle : de beaux trains de houles qui arrivent un peu partout dans la baie, et qui déroulent plutôt bien. Seule difficulté : repérer le « peak » : là où la vague commence à déferler, et où il faut, idéalement, se placer. Ici le peak est assez difficile à situer : en gros 2 groupes de surfeurs se forment de chaque côté de la baie, là où semblent se concentrer la majorité des peaks. Pour être tranquille et éviter de me faire tout de suite des ennemis, je me positionne au milieu pour démarrer. Effectivement c’est assez tranquille, pendant 15 minutes d’essayer de prendre des vagues, mais à chaque fois je me fais dépasser, la vague ne levant pas suffisamment là où je suis. Je me décale donc petit à petit vers l’un des groupes de surfeurs, et finis par prendre une première belle vague. Sa taille me dissuade tout de suite de tenter quoi que ce soit : je file tout droit sur un côté, en restant assez loin de la zone de déferlement, et sort assez rapidement dans la zone « molle » de la vague pour éviter un nouveau passage de barre fastidieux. Chose rare, j’arrive à sortir et repartir vers le large sans me casser la figure, ce qui me met plutôt en confiance. Je me rapproche encore un peu plus du peak, et quelques minutes plus tard, une belle série arrive. Je laisse passer les 2 premières (autre avantage du paddle, on voit mieux ce qui arrive à l’horizon…), et me retrouve, un peu par hasard, parfaitement placé pour la troisième. Sur le coup elle me parait énorme, avec le recul elle ne l’était sans doute pas tant que ça, mais c’est en tout cas la plus belle vague que je n’ai jamais prise en surf. Là encore je ne cherche pas à faire de beaux virages, l’option choisie est plutôt le schuss pour essayer de ne pas me faire manger. Et le miracle c’est que ça marche : après une dizaine de seconde à voir devant moi la vague se lever petit à petit, et à l’entendre juste derrière déferler bruyamment, je vois un point de sortie atteignable avant que ça ferme. Là encore j’arrive à sortir sans me casser la figure, et m’attends en revenant vers le peak à une ovation de mes collègues devant cette magnifique prestation. Il faudra que je me contente d’autosatisfaction (sur ce coup là j’en aurais!), dans l’assemblée c’est l’indifférence qui prévaut… Au total je prendrais 5 ou 6 vagues en 1h30, en buvant le bouillon une fois, mais je sors de l’eau avec un sourire béat et plein de sensations dans la tête.
Les 2 autres sessions matinales seront intéressantes également, mais moins intense que la première.
Le second jour, il y a un peu de vent de mer le matin (ce qui n’est pas terrible pour le surf en général, et vraiment pénible pour le SUP en particulier) et la houle a encore grossit : je me rabats sur la plage « bleue », les vagues sont nettement plus petites mais largement suffisantes pour en profiter et se lâcher sans appréhension. En fait cette plage est séparée de la plage « rouge » par une avancée rocheuse, et l’on distingue très bien ce qui se passe de l’autre côté : cela ressemble à un beau chantier, ça casse un peu partout et je n’ai pas trop de regret sur l’option choisie.
Le dernier jour, comme on doit repartir de Tofino à 8h30, j’avance encore un peu mon réveil et débarque sur la plage rouge un peu avant 6h. Il pleut, 16°C, j’avoue n’être pas loin de laisser tomber. En même temps il n’y a pas un pet de vent, les vagues ont l’air de vraiment bien dérouler, et il n’y a pas un surfeur à l’eau : ça ne se refuse pas ! Mais au moment de me lancer, je distingue au loin, derrière les vagues, une forme noire et blanche qui sort de l’eau et replonge. Cela ressemble furieusement à un orque remontant à la surface ! Et juste après, j’aperçois, par intermittence derrière les vagues qui déferlent, un grand aileron noir. Autant j’étais content d’en voir la veille depuis le bateau, autant la perspective de surfer à proximité d’un orque ne me réjouit pas, mais alors pas du tout ! Pour en avoir le cœur net, je pars sur l’extrémité de la plage, où un promontoire rocheux permet de mieux voir la baie. Et de prendre conscience de 2 choses. La première est que je n’étais que le second surfeur sur place, ce que je prenais pour un orque était tout simplement un surfeur en combinaison noire et cagoule avec une planche blanche : assis sur sa planche j’ai vu un gros aileron noir, après un canard j’ai cru un orque venant respirer. La seconde chose est que les conditions sont au top. On croirait une photo tirée d’un magazine, avec de belles lignes qui arrivent du large bien espacées et qui déferlent comme il faut. Je pars donc à l’eau motivé comme jamais, passe avec brio les premières mousses, mais quelques mètres avant d’avoir franchis la barre, une grosse série arrive et me fait revenir à la case départ. C’est vivifiant, mais surtout épuisant et assez décourageant. Je reprends mon souffle et finis par y arriver au bout d’une quinzaine de minutes. Il m’en reste environ 45 avant de devoir sortir, et ce ne sera pas une grosse moisson de surf : seulement 3 vagues prises au compteur à la fin, et pas forcément les plus belles. Mais le simple fait d’être là, au milieu des séries qui se lèvent pour aller se briser juste derrière la zone où l’on se trouve, à quelque chose de grisant. Je sors pour la dernière fois des eaux de Tofino avec plein de belles images en tête – mais malheureusement, surtout pour les lecteurs du blog, pas en photos !
Balades
Nous ferons deux balades à pied pendant les 3 jours à Tofino. De nombreux itinéraires sont possibles, nous ferons une boucle du coté d’Ucluelet sur le « wild pacific trail », où l’on suit une côté très découpée et vraiment magnifique, et une autre dans le « pacific rim national parc », pour rejoindre l’une des plages à proximité de Tofino. C’est dans les deux cas très plaisant et sans difficulté, et l’on se dit que cela nous prépare en douceur pour les randonnées dans les parcs de Banff et Jasper.
Nous repartons donc de Tofino vendredi 18 août au petit matin, après avoir fêté la veille au soir l’anniversaire d’Alice. Elle est du 19, mais comme le vendredi et le samedi vont être consacrés au trajet vers Banff, on a préféré anticiper – quitte à exagérer un peu l’ampleur du décalage horaire !
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