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BRESIL 1/3 - Rio de Janeiro

7 Octobre 2017 , Rédigé par Famille ROPTIN Publié dans #2017 - BRESIL

Les petits Lus devant Copacabana, sous le regard du Christ Rédempteur

Les petits Lus devant Copacabana, sous le regard du Christ Rédempteur

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Une semaine à Rio, n’est-ce pas un peu trop ?

C’est la question que l’on s’est posé en arrivant. Nos précédentes étapes citadines à Vancouver et  San Francisco s’étaient limitées à 3 ou 4 jours, le potentiel de la ville merveilleuse est-il si important qu’’il mérite le double de temps ?

La réponse est clairement oui. Ou plus exactement : si vous passez une semaine à Rio, même en dehors du Carnaval, il y a peu de chance que vous vous y ennuyiez. Dans notre cas, nous avons également profité d’être une semaine dans le même logement pour prendre un rythme un tout petit peu plus régulier sur le travail scolaire. Du coup les journées, avec un coucher de soleil vers 18h, et un réveil pas si matinal que ça (on ne se recalera pas trop du Mexique) sont vites remplies.

A part une matinée dans une favela, nous avons essentiellement écumé le top 10 des incontournables du Lonely Planet. Point trop d’originalité donc, mais quelle que soit l’image que l’on a d’un lieu plus ou moins mythique, c’est toujours une découverte de s’y rendre.

Petit foot improvisé au jardin botanique, dans l'esprit brésilien (c'est pas une orange mais presque...)

Petit foot improvisé au jardin botanique, dans l'esprit brésilien (c'est pas une orange mais presque...)

Mise en bouche

Un peu comme au Mexique, nos 2 premières journées ne vont pas être très excitantes.

La première, c’est inévitable, nous arrivons le vendredi 29 septembre au matin après un vol de nuit, donc un peu dans le coltard (surtout moi en fait, Charlyne et les enfants ont plutôt bien dormi). Dès la douane, on sent quand même une ambiance chaleureuse : la douanière, plus avenante que son métier peut le laisser croire, parle quelques mots de français, et nous souhaite un retentissant « bon séjour » repris en cœur par le douanier du box d’à côté. Si on ajoute à cela l’accent et les intonations Brésiliennes, qui me font toujours penser à Chico (grosse référence encore…), on se dit qu’on ne va pas s’ennuyer…

L’hôtel où nous allons passer la semaine, idéalement situé entre Copacabana et Ipanema, va nous aider à rester éveiller, la chambre n’étant pas disponible avant le 14h réglementaire. Un premier tour du quartier, le déjeuner, puis en fin d’après-midi une baignade à Ipanema (#2 Lonely Planet) vont nous suffire à remplir cette première journée.

La seconde, c’est la méteo qui s’en charge : temps pourris ce samedi, on se rabat sur le fort sympathique jardin botanique, a priori bondé le week end, mais manifestement pas quand le temps est à la pluie.

En tout cas le temps ne calme pas les ardeurs de tout le monde. En revenant de la plage samedi après-midi, un type tout ce qu’il y a de plus normal (cheveux grisonnant, petites lunettes, pas le genre Chico pour le coup), et qui se retrouve à attendre au passage piéton à ma hauteur, me pose discrètement une question en Portugais. La discrétion et le sourire un peu bizarre me mettent un peu sur la voie, mais je lui réponds tout de même que je ne comprends pas sa langue. Il me traduit aussitôt sa question dans un anglais impeccable, « f…k me ? », et je ne pourrais pas m’empêcher de rigoler en lui répondant, poliment mais fermement, par la négative.

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Le Copacabana Palace, où séjourna Madona qui avait apparemment loué tout le dernier étage...

Le Copacabana Palace, où séjourna Madona qui avait apparemment loué tout le dernier étage...

Entrée

Le dimanche le soleil fait son retour, et nous allons finalement faire ce que font beaucoup d’habitant de Rio le we : profiter de la plage. Pour mieux apprécier le phénomène, nous allons louer des vélos et faire toute la promenade du haut de Copacabana (#3 Lonely Planet) jusqu’en bas d’Ipanema, ça fait déjà plusieurs km carrés de plages ! La route est fermée à la circulation le dimanche, l’ambiance est très sympa, très décontractée, mais aussi pour beaucoup, et malgré le soleil, très sportive. On ne compte pas le nombre de skateurs, rolleurs, beachvolleyeurs, beachballers, surfeurs etc… avec tous un point commun : le t-shirt ne fait pas parti de la garde-robe, et le bronzage confirme que ça ne date pas d’hier.

Difficile de savoir combien de cariocas se rendent ainsi à la plage le dimanche, mais ça se compte en dizaines de milliers. Heureusement que les plages sont grandes !

Il y a du monde, mais il y a de la place, sur la plage comme sur la vague !

Il y a du monde, mais il y a de la place, sur la plage comme sur la vague !

Sur notre lancée des plages, nous ferons également le tour du lagon Rodrigo de Freitas (#10 Lonely Planet), très agréable à vélo (il y en a pour 7 km, donc à pied ça fait beaucoup…).

Après un déjeuner à 15h dans un buffet où l’on paye au poids de l’assiette (on en trouve beaucoup à Rio), nous irons nous baigner en fin d’après-midi à l’extrémité sud de Copacabana, là où les vagues sont un peu moins menaçantes. Entre la baignade de la veille où nous avions été bien secoués à Ipanema, et la vue d’une évacuation d’urgence d’un noyé (inconscient sur un brancard avec un masque à oxygène), lors de notre ballade en vélo, nous préférons ce coin plus tranquille, même si l’eau n’y est pas d’une pureté irréprochable.

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Le héron lui aussi préfère les eaux calmes du lagon Rodrigo de Freitas

Le héron lui aussi préfère les eaux calmes du lagon Rodrigo de Freitas

Plat de résistance

Une fois passé le week-end, on passe aux choses sérieuses : Corcovado (#6 Lonely Planet) / Santa Theresa (#7Lonely Planet) / Centre ville (argh, pas dans le top 10 !). On s’est pas mal interrogé sur la meilleure manière de se rendre à la statue du Christ Rédempteur, qui offre un magnifique point de vue sur Rio. On peut prendre un train à crémaillère, mais il est apparemment pris d’assaut, et la réservation de billets à l’avance sur le site web est à peu près aussi simple que le remboursement d’un appareil dentaire auprès de la sécu (c’est du vécu). L’hôtel nous recommande de prendre un mini-bus au départ de la place du Lido, à Copacabana. On prend donc, vers 7h30, un taxi pour Copacabana. Mais dès que le taxi comprend où l’on veut aller, il nous propose de nous amener lui-même à l’entrée du Corcovado, ce qui d’après ses calculs, nous coutera moins chers. Ses calculs semblent à peu près crédibles sur les hypothèses de prix, le type inspire plutôt confiance, et nous nous accordons sur un tarif à 150 reis (un peu moins de 40 euros) pour nous amener au Corcovado, puis à Santa Theresa, et enfin nous déposer dans le centre-ville. On ne regrettera pas cette option, qui à vrai dire nous semble bien plus simple, économique, et efficace que les autres - et même d’un point de vue bilan carbone, à 4 passagers dans une voiture on ne doit pas être pire que les mini-bus ! Par contre le parking là haut est minuscule, donc mieux vaut arriver de bonne heure pour ne pas avoir de soucis. C’est le dernier avantage du taxi, vous pouvez arriver pour l’ouverture du site à 8h, alors qu’apparemment le service de train et mini-bus ne commence qu’à 8h, départ d’en bas.

Alleluia !

Alleluia !

Nous ne serons pas les premiers, mais hormis pour la photo devant le Christ où il faut un peu jouer des coudes, l’affluence est encore limitée. La vue, quant à elle, est effectivement superbe, on peut voir à peu près toute la ville (pain de sucre, Copacabana, Ipanema, Maracana, etc…), encore mieux que de la tour Eiffel puisqu’on culmine à 800m. La statue de 40m est également impressionnante, et confère au lieu quelque chose de singulier.

Après avoir retrouvé notre taxi, celui-ci nous emmène, de sa propre initiative, à un autre point de vue, légèrement en contrebas, mais plus avancé sur la ville. Panorama encore à couper le souffle, et là pour le coup il n’y a personne, on en profite pour quelques photos de groupe, notre chauffeur se prêtant facilement au jeu !

Avec notre sympathique (mais pas anglophone...) guide-taxi

Avec notre sympathique (mais pas anglophone...) guide-taxi

Pour Santa Theresa, joli quartier construit à flanc de colline à proximité du centre-ville, ce ne sera qu’un passage, notre guide-chauffeur tente de nous emmener à un parc-musée, mais celui-ci est fermé jusqu’à midi. On passera voir l’escalier de Selaron, mais entre-temps Alice s’est endormie dans la voiture, ce ne sera qu’une courte halte pour moi et Adrien. Pour préserver le sommeil d’Alice et assurer un réveil dans la bonne humeur (parce qu’Alice en mode chouine, c’est un peu pénible…), on demande finalement de nous déposer au nord du centre ville, à l’aquarium de Rio.

Une ballade sympa entre l’aquarium et le centre ville achèvera plus qu’agréablement cette excursion. Nous avions croisé, la veille au restaurant, une dame qui parlait bien français, et qui nous avait recommandé un certain nombre de points d’intérêt dans le centre. Elle nous avait surtout recommandé d’y aller le lundi, car le mardi les musées sont fermés. En réalité, le mardi les musées sont gratuits (et donc a priori ouverts…), et le lundi ils sont fermés. Ce ne fut pas une grosse déception de notre côté, surtout chez les enfants qui n’en raffolent pas. J’espère juste que notre copine se rendra compte de son erreur avant d’induire d’autres touristes en erreur !

Même dans les escaliers de Selaron, on trouve des petits singes !

Même dans les escaliers de Selaron, on trouve des petits singes !

L’autre visite que nous voulions faire à Rio, pour découvrir la ville, était un tour dans une des nombreuses favelas. Pas par goût du risque, mais pour tenter d’avoir une vision un peu plus complète que les beaux quartiers, et nous faire notre propre opinion sur ces quartiers qui, si l’on s’en tient aux rumeurs, sont des coupes gorges aux mains des trafiquants de drogue.

Charlyne a pris rendez vous à 10h00 mardi matin, à Ipanema, avec un guide francophone qui propose des tours dans la favela Rocinha où lui-même habite, dans le sud de Rio, assez proche d’où nous logeons. Carlos nous rejoint à 10h20 bien sonné, on commençait à se demander. Nous sautons dans un bus et il commence tout de suite à nous briefer et nous fournir de nombreuses explications, dans un français plus que correct. Son quartier, c’est 160 000 habitants (!), dont la moitié vivent sous le seuil de pauvreté (qui doit être à moins de 2 dollars par jour). Si beaucoup des habitants doivent travailler dans le centre, il y a également beaucoup d’activité dans le quartier : 30 000 travaillent sur place, tous les rez-de-chaussée donnant sur rue ou ruelle sont occupés par des commerces en tout genre. L’insécurité ? Une légende urbaine selon lui, les 4 agences bancaires installées dans le quartier n’ont pas à déplorer le moindre braquage jusqu’à aujourd’hui. Et, toujours selon notre guide, les habitants de ces quartiers dorment tous la porte ouverte, n’ayant rien à craindre de jour comme de nuit.

Carlos et les enfants, dans une ruelle de Rocinha

Carlos et les enfants, dans une ruelle de Rocinha

Nous ferons donc une ballade d’un peu plus d’une heure, depuis le haut jusqu’en bas de la favela. D’abord le long de la route, où vivent les gens les plus aisés, et ensuite en s’enfonçant davantage dans le labyrinthe de ruelles et d’escaliers, enchevêtrés on ne sait comment, où les constructions se font parfois un peu plus délabrées. Ce n’est clairement pas l’endroit où l’on rêverait d’habiter, mais cela n’a rien non plus d’un bidonville, et l’ensemble ne manque pas non plus d’une certaine beauté. Au niveau sécurité, nous sommes en fin de matinée, le quartier est assez calme, les gens que nous croisons sont souriants et avenants. A vrai dire la seule chose inquiétante que nous ayons vue, ce sont des groupes de policiers armés jusqu’aux dents, l’air arrogant et n’hésitant pas à se balader en mettant régulièrement en joue des cibles imaginaires. C’est surréaliste.

Même par temps gris, c'est coloré !

Même par temps gris, c'est coloré !

Notre guide nous explique qu’il s’agit surtout d’opérations de communication pour montrer que les favelas sont pacifiées. Pendant une semaine, de temps en temps, les forces de police investissent ainsi un quartier. La première conséquence, c’est que les enfants ne vont pas à l’école ces jours-là. Il faut dire que si les gangs usent sans doute de la violence, la palme du nombre de personnes abattues par balle est clairement à mettre à l’actif des policiers, plusieurs centaines de mort chaque année rien qu’à Rio. D’après notre guide, ils ont la gâchette facile, tous les coups de feu que l’on entend de temps en temps dans Rio sont de leur fait. Le vrai problème des favelas, au-delà de la violence et des trafics, est à chercher selon lui à deux niveaux : l’éducation, et la stigmatisation. L’éducation, car l’école n’est pas obligatoire (juste un système d’incitation), et de qualité très médiocre dans les quartiers défavorisés. Et la stigmatisation, pour les études comme pour le travail. Sur les études on peut prendre son exemple : le type est manifestement bien cortiqué et volontaire, il a appris lui-même 5 langues, mais n’a pas réussi son concours d’architecte, faute d’avoir fait les bonnes études préparatoires – ce qui ne l’a pas empêché de construire sa maison. Et pour le travail, nous croiserons par hasard un jeune ami à lui, qui a réussi de belles études d’avocat, mais qui ne parvient pas à trouver du boulot, à cause selon notre guide de son quartier d’origine. Malgré son optimisme affiché, on sent notre guide un peu dépité par la situation. On le serait à moins, le bond économique du Brésil n’a clairement pas bénéficié aux favelas dans les même proportions que pour l’ensemble du pays.

On changera malgré tout assez nettement de regard sur les favelas, et on ne pourra qu’encourager les visiteurs de Rio à aller également y faire un tour, pour sortir des clichés et caricatures qui, au moins pour celle que nous avons vue, sont loin de correspondre à la réalité.

Comme à Copacabana, les châteaux de sable à Barra de Tijuca sont plus que de simples patés

Comme à Copacabana, les châteaux de sable à Barra de Tijuca sont plus que de simples patés

On pensait également, sur nos 7 jours à Rio, faire une escapade hors de la ville. Plusieurs possibilités sont souvent proposées : Pétropolis, l’ïle Grande, … Mais pour cela nous attendions une belle journée de soleil, que nous n’aurons finalement que le jour du départ. Du coup nous nous rabattrons sur Barra de Tijuca, un quartier relié par le métro mais à une quinzaine de km du centre, et qui s’est pas mal développé avec les JO.

Nous ferons un tour par l’immense plage de Barra, le temps et les vagues n’incitent pas trop à la baignade, en revanche un loueur va me décider pour une petite session de SUP ! Les conditions ne sont pas très faciles, les vagues à Rio, creuses et cassant assez vite, sont quasi exclusivement surfées avec des petites planches. Je prendrai seulement 4 ou 5 vagues en une heure, mais à chaque fois j’aurais le droit à une ovation du loueur et de sa bande de copains, qui devaient surtout être soulagés que je ne me noie pas et que je ne casse pas la planche. Nous profiterons d’être sur place pour faire quelques courses de première nécessité (lunettes de soleil, maillot de bain,…) dans l’un des grands centre commerciaux qui sont, avec la plage, le gros point d’attraction du quartier.

Une nouvelle recrue pour clôturer Rio ! Vue du pin de sucre, avec l'inévitable Corcovado derrière.

Une nouvelle recrue pour clôturer Rio ! Vue du pin de sucre, avec l'inévitable Corcovado derrière.

Dessert

Pour le dessert, quoi de mieux que le Pin de Sucre, ou Pao de Açucar (#4 Lonely Planet) comme on le dit dans un portugais quasiment sans accent (on a encore du mal à se faire comprendre quand on dit bonjour ou merci…).

On garde donc le meilleur pour la fin, qui est aussi le début des vacances pour la guest star de notre étape Brésilienne, mon frère Vincent. A son arrivée très matinale, ce jeudi 5 octobre, pas un nuage dans le ciel, les conditions sont parfaites pour découvrir ce point de vue. Nous arrivons sur site peu de temps après l’ouverture, et on sera quand même surpris de ne pas voir plus de monde au téléphérique. Idem là-haut, nous profiterons du panorama pendant près d’une heure dans un calme olympien, l’endroit est semble t’il plus prisé pour les couchers de soleil. Mais à cette heure-là, nous serons dans l’avion pour Fortaleza, notre prochaine étape Brésilienne !

 

Vue du pin de sucre d'en bas, sur la plage de Vermelha.

Vue du pin de sucre d'en bas, sur la plage de Vermelha.

Alors certains (ceux qui ont suivi) diront : « mais vous n’avez pas fait le #1 Lonely Planet de Rio » (ni le 5, 8 et 9 d’ailleurs…). C’est vrai, mais là on était en dehors de la fenêtre de tir, puisqu’il s’agit du Carnaval ! Une bonne raison, ici comme à peu près partout où nous passons, de se dire qu’il faudra y revenir…

Un autre must see de Rio : le coucher de soleil à Ipanema. On avait un emplacement VIP sur le toit de notre hôtel !

Un autre must see de Rio : le coucher de soleil à Ipanema. On avait un emplacement VIP sur le toit de notre hôtel !

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F
Ma question : avez vous appris la samba? Je vois bien Charlyne avec le costume en plumes
Répondre
C
Non, mais je compte bien apprendre le tango en argentine.