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Bresil 3/3 - Nordeste, à l’ouest de Jeri et au sud du soleil

28 Octobre 2017 , Rédigé par Famille ROPTIN Publié dans #2017 - BRESIL

Sur les hauteurs d'Olinda, à côté de Recife.

Sur les hauteurs d'Olinda, à côté de Recife.

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Mince, il nous reste encore 2 semaines dans le Nordeste avant de partir pour l’Argentine. Et pour être honnête, 3 jours avant de quitter Jeri, nous n’avions encore rien calé sur la suite du parcours. Nous étions tout de même motivés pour aller explorer les côtes un peu plus à l’ouest, jusqu’au parc de Lençois Maranhenses, situé un peu avant Sao Luis. Mais dans un temps relativement court, car une franco-brésilienne croisée à Jéri, avec qui nous avons pas mal discuté, nous a convaincus d’aller faire un saut au sud de Recife, ce qui n’est pas la porte à côté et ne nous laisse que 4 ou 5 jours pour explorer l’ouest …

Notre objectif dans un premier temps est donc de rejoindre Atins, l’une des portes d’entrée du parc de Lençois Maranhenses, qui a l’avantage, par rapport à Barreirinhas, d’être en bord de mer.

Pour le trajet aller, on fait « simple » : un transfert de 7h en 4x4 jusqu’à Cabure, puis une rapide traversée en barque jusqu’à Atins, face au coucher de soleil et sous les vols d’Ibis rouges, ambiance romantique à souhait. Il faut croire que le trajet Jeri-Cabure n’est pas si classique, car notre chauffeur, bon conducteur déjà éprouvé sur un tour en buggy, va mettre son GPS à mi-chemin (Parnaiba), et pour la dernière partie sur des pistes de sable au travers du « petit Lençois », il prend l’option (pertinente) d’embarquer un local dans le dernier village pour le guider.

Arrivée au "port" de Cabure pour le dernier tronçon avant Atins : il était temps !

Arrivée au "port" de Cabure pour le dernier tronçon avant Atins : il était temps !

Arrivés à Atins, nous avons l’impression de voir un deuxième petit Jeri : rues en sable, pas mal de touristes (à 90% des kite surfeurs)… mais en plus petit, plus calme, moins dense, avec encore pas mal de locaux qui semblent y habiter. Mais une fois que l’on a vu le spot de kite, au rythme où vont les choses, il est fort possible qu’Atins se développe rapidement dans les années à venir.

Je ne ferais pas de kite au cours des 2 journées sur place, à cause de ma douleur aux côtes, mais l’endroit est absolument parfait : du vent du matin au soir (il n’attend même pas la fin de matinée pour se lever !), une grande plage qui donne sur un grand lagon bien plat qui communique avec l’océan… On sera presque surpris de ne pas voir plus que les 20 ou 30 kites sur l’eau tant l’endroit est idéal, pour les débutants comme pour les confirmés.

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Atins est un spot parfait pour le kite... mais qui convient aussi pour la baignade.

Atins est un spot parfait pour le kite... mais qui convient aussi pour la baignade.

Et pour ceux qui veulent un cadre atypique, il est possible d’aller tirer de courts bords dans un des lagons du parc Lençois, comme nous allons en être témoins lors de notre excursion ce samedi 14 octobre matin. Nous partons en effet à la découverte du parc à bord du pick-up de la pousada où nous logeons, et dont le coffre est aménagé pour transporter des passagers. Notre chauffeur, Bibi, qui ne parle pas un mot d’anglais, embarque en chemin 3 brésiliennes vêtues à la locale : bikini et robe en crochet, dont la couverture est assez symbolique, perso ça m’évoque les filets de pommes de terre. L’une d’elle, qui est saisonnière à Atins, parle un peu anglais, ce qui va quand même nous aider un peu. Après avoir longé la plage, nous attaquons directement une partie plate avant les dunes de sables qui constituent l’essentiel du parc de Lençois. En gros c’est un peu comme les dunes derrière Jeri, mais en 10 fois plus grand, et plus sauvage. A la fin de la saison des pluie (janvier-mars), des lagunes parsèment ce paysage improbable, mais là on est plutôt sur la fin de la saison sèche et la plupart sont à sec. Celle où nous allons passer un peu plus d’une heure permet de se baigner, mais l’eau ne dépasse pas la taille, à part pour Alice, bien sûr. C’est beaucoup plus tranquille que les lagons de Jeri, mais il y a quand même un petit point noir : le vent ! Un conseil si vous visitez le coin, venez avec vos affaires de sport d’hiver, un masque et une cagoule fine vous éviteront l’inconfort du sable qui fouette le visage et gratte les yeux, et vous permettront d’aller dévaler les dunes sans vous poser de question. Pour le reste l’expérience est quand même lunaire, surtout avec les 2 ou 3 kites en toile de fond. J’ai encore Capedevielle qui tourne en  boucle dans ma tête en y pensant…

Sans doute pas les meilleures conditions de kite, mais un cadre pareil, ça ne se refuse pas !

Sans doute pas les meilleures conditions de kite, mais un cadre pareil, ça ne se refuse pas !

Le reste de nos 2 journées à Atins vont être assez facilement remplies : devoirs (c’est le week-end mais il y a souvent des jours fériés la semaine…), plage, et organisation du trajet retour. Nous souhaitons en effet rejoindre Parnaiba en traversant en bateau le delta du même nom, au départ de Tutoia. Et autant se le dire, quand on ne parle pas portugais, des choses assez simples deviennent vite compliquées. Avec l’aide de clients de notre logement parlant un peu anglais, nous allons quand même réussir à expliquer à la gérante ce que nous souhaitons faire. Celle-ci va appeler un de ses contacts, et après moults appels, négociations, explications, incompréhension etc… nous finissons par caler la journée du lundi : départ à 8h pour la courte traversée Atins-Cabure, puis transfert en 4x4 jusqu’à Tutoia, pour embarquer vers 10h pour 4h de traversée dans le delta de Parnaiba. La première étape, la seule directement gérée par l’hôtel, n’est pas loin de tourner court : en arrivant à proximité de la petite plage où accostent les barques qui font la liaison avec Cabure, l’incontournable Bibi, qui nous conduit avec les bagages, interpelle un passeur, occupé dans des travaux de construction. Celui-ci nous jauge, évalue du regard le poids des bagages, et finalement décline. Un de ses copains, appelé à la rescousse, fait la même évaluation, et arrive à la même conclusion. Mince… Bibi se lance alors dans un tour du village, mais personne ne répond à ses appels, et on le sent un peu embarrassé. En désespoir de cause, il nous conduit sur l’autre plage, a priori réservée pour les bateaux avec des moteurs plus puissants qui remontent la rivière jusqu’à Barreirinhas. Et par chance la plage n’est pas totalement déserte, un groupe de 6 avec de nombreux bagages (entre autres des kites) est en train d’embarquer sur un hors bord. Bibi parvient à négocier la traversée et à nous faire une place à bord, ouf ! Le groupe en question est composé de quelques francophones, dont un belge qui nous explique qu’ils terminent un « downwind » (navigation où au lieu de revenir au point de départ, on se laisse descendre sous le vent) de plusieurs jours, ils récupèrent leurs 4X4 à Cabure pour rentrer à Fortaleza. A la question d’où a commencé ce downwind, la réponse laisse songeur : ils ont tout descendu en kite entre Fortaleza et Atins, soit plus de 300 km sous le vent (et donc peut-être 4 ou 5 fois plus de km parcourus en kite ?), en suivant des côtes splendides et la plupart du temps encore sauvages. Dans mon carnet des séjours aventures qui envoient du rêve, je crois que je vais le placer juste devant la descente en rafting du Colorado dans le Grand Canyon !

 

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Un banc de sable au milieu du delta de Parnaiba. Dans 5 min il sera recouvert (d'où le gilet!)

Un banc de sable au milieu du delta de Parnaiba. Dans 5 min il sera recouvert (d'où le gilet!)

Le transfert pour Tutoia est au rendez-vous, et nous embarquons au début de la marée montante pour la traversée du delta. Le décor est tout de suite très différent de ce que nous voyons depuis notre arrivée à Fortaleza : les rives des bras où nous nous trouvons sont couvertes de forêt épaisse, le vert remplace le jaune du sable. Bien que face au vent et un clapot serré dans les parties plus larges, la navigation est super agréable, et notre captain, très sympa et dont nous comprenons presque le portugais, n’hésite pas à s’arrêter régulièrement : pour voir des oiseaux (magnifiques Ibis d’un rouge surnaturel), pour arpenter un banc de sable qui va disparaitre en quelques minutes, pour aller observer de près des crabes rouges qui se cachent dans les racines des palétuviers… et, alors que nous pensions en avoir terminé avec les dunes, au détour d’un virage, nous tombons sur un gros tas de sable posé à côté de la forêt. Nous y ferons une petite halte, du haut des dunes la vue est vraiment incroyable. A part de nombreux pêcheurs en barque, nous ne croisons à peu près personne, en fait il y seulement un autre bateau à faire la traversée ce jour-là, nous les croiserons lors d’un déjeuner sur une île au beau milieu du delta, et ce doit être notre journée, encore des francophones ! Après un bon repas de poisson grillé et d’une délicieuse préparation à base de crabes décortiqués (qui n’est pas sans rappeler les araignées de Lomener préparées par la Tatie Cric), nous achevons la traversée dans un dédale de petits bras, sans doute asséchés à marée basse, avant de rejoindre Tatu, à quelques km de Parnaiba.

Là ce n'est plus un banc de sable, mais une dune au milieu du delta ! Adrien a maintenant la parade contre le sable dans yeux.

Là ce n'est plus un banc de sable, mais une dune au milieu du delta ! Adrien a maintenant la parade contre le sable dans yeux.

Si la route permet maintenant de faire le même trajet plus rapidement – du coup le service régulier de bateau, dont parlait notre guide et différents blogs sur internet, a manifestement disparu – nous ne saurions que trop vous recommander cette traversée, avec peut-être un moyen d’en augmenter le confort : la faire dans l’autre sens (Parnaiba -> Tutoia), pour avoir le vent dans le dos et éviter les coupes de cheveux Sangoku à l’arrivée…

Bon, c’est bien joli de batifoler dans les deltas, mais au final, après une journée de trajet, nous avons fait à peine 10% de la distance qui sépare Atins de Porto de Galinhas, notre prochain but, au sud de Recife. On va donc devoir passer la seconde. Après une nuit dans un hôtel en face de la gare routière de Parnaiba (pas très glamour, mais niveau prix c’est compétitif !), on prend un premier bus à 7h pour Fortaleza, et on enchaine, après 4h d’attente à la gare routière, par un bus de nuit et 15h de trajet pour Recife. Les places en « executivo », très abordables, offrent un bon confort, même pour dormir, à condition de s’équiper pour le froid. Pour d’obscures raisons, ils poussent la clim à fond et la température doit à peine atteindre 20°C, donc si vous êtes en short et t-shirt, la nuit risque de paraitre longue. Le premier trajet nous avait un peu cueilli à froid (pouloum poum pich !), du coup on n’a pas hésité à défaire les valises au milieu de la gare routière de Fortaleza pour sortir les pantalons, chaussettes et autres doudounes qui se sont révélés indispensables pour la nuit !

Une petite carte vaut mieux qu'un long discours, et permet de comprendre la durée des trajets !

Une petite carte vaut mieux qu'un long discours, et permet de comprendre la durée des trajets !

Pour notre dernière boucle brésilienne autour de Recife, nous décidons, avec une anticipation remarquable (la veille pour le lendemain), de louer une voiture sur place. Après une remise de clé la plus longue de l’histoire d’Alamo, nous prenons donc la route à nouveau pour les derniers km entre Recife et Porto de Galinhas. Au niveau du logement en revanche, on a rien anticipé du tout, et ce n’est que sur place qu’on fera un tour des hébergements avant de se poser – c’est un peu l’avantage de la voiture, on peut se balader, sans les bagages à porter, avant d’avoir trouvé le point de chute.

Nous avions prévu de ne rester que 2 ou 3 nuits avant de poursuivre plus au sud jusqu’à Maragogi, mais au final nous allons rester à Porto de Galinhas aussi longtemps que possible, en l’occurrence 5 nuits. Plusieurs raisons à cela :

  • Le village de Porto de Galinhas est très sympa. Très touristique certes, mais dans un autre style que Jeri. Ici les touristes semblent être très majoritairement brésiliens. Le centre du village jusqu’à la plage est uniquement piéton (et pavé, point de rue en sable !), et l’on trouve là aussi plein de restaurants, bars, boutiques en tout genre. La plage de Porto, bien équipée en barracas (le sable sec est recouvert de chaises / tables / parasols de 8h du matin jusqu’à 16h, et tous se livrent une concurrence féroce pour attirer les plagistes), a la particularité d’offrir des piscines naturelles dans le récif à marée basse. Même en semaine c’est un peu la foire pour y accéder : il faut soit passer par un des nombreux petits bateaux à voile payant, soit faire la queue pour obtenir un bracelet (gratuit) et partir en suite à pied par groupe de 50, espacés de 30 minutes. C’est un peu décevant, les piscines sont certes remplies de poissons, mais une seule permet de s’y baigner, et la visibilité est moyenne. Mais dès que l’on s’éloigne de la partie de la plage en face du village, la baie est grande et belle, et la baignade très agréable.
Est-ce le nom de la ville qui explique cette passion pour les galinacées, ou leur présence qui a donné le nom ? C'est l'histoire de l'oeuf et de la poule...

Est-ce le nom de la ville qui explique cette passion pour les galinacées, ou leur présence qui a donné le nom ? C'est l'histoire de l'oeuf et de la poule...

  • Les vagues sont très sympas. Si toute une partie de la plage est abritée par la barrière de corail, la baie de Maracaipe, qui prolonge la plage de Porto sur 4 ou 5 km, reçoit directement une bonne houle. A la fin de notre première matinée, en se baladant sur la plage, j’aperçois 4 SUP disposés pour la location. A la différence de ceux que j’avais vus auparavant, ils semblent de bonne facture et certains taillés pour la vague. En les examinant de plus près, je me fais accoster par leur propriétaire – et accessoirement shapeur – qui a le bon goût de parler un peu anglais. Le garçon en question, Gabriel Vilarinho, est pro en SUP (Race principalement, mais il aime bien les vagues aussi…), et me briefe rapidement sur les conditions de surf dans le coin. Il me propose surtout, après un petit test de ses planches sur le lagon, d’aller le lendemain matin faire un coup de SUP dans les vagues. Rendezvous est pris pour 9h00 (la ponctualité n’est pas son point fort…), Gabriel passe nous chercher à notre pousada, on s’entasse tous les 4 dans sa petite voiture coiffée de 2 SUP, et l’on part pour la partie sud de Maracaipe.  La plage est belle, les vagues sont petites mais déroulent assez bien, on va tous passer 2h dans l’eau entre SUP, baignade dans les vagues, baptême de SUP surf pour les enfants (avec Gabriel en pilote), un peu de surf… bref un moment très sympa, suivi d’un déjeuner non moins sympathique devant la mer.
Adrien sous le pilotage de Gabriel, notre guide à Porto pour le SUP !

Adrien sous le pilotage de Gabriel, notre guide à Porto pour le SUP !

Je retournerais 2 fois faire du SUP avec Gabriel. Une fois à Maracaipe, au milieu de la baie, où la houle est plus consistante, certaines vagues cassent à plus de 100m du bord, et à part 2 ou 3 bonnes vagues, je vais surtout ramasser copieusement les mousses. La seconde, le matin de notre départ, nous allons un peu au nord de Porto, cette fois ci ce sont des vagues plus creuses qui cassent plus près du bord, pas évident non plus mais je suis coaché de près par Gabriel qui me conseille sur la position, l’utilisation de la pagaie au surf, et va jusqu’à m’indiquer les vagues à prendre – quand il ne les prend pas luimême. Moult gamelles encore (dont la dernière se finit dans les rochers que la marée descendante commence à découvrir), mais aussi quelques bonnes vagues, et l’impression de progresser sensiblement. Nous ferons également plusieurs baignades dans les vagues avec les  enfants, Alice commence à être bien en confiance même avec des vagues de sa taille (tant que je reste au contact…), et Adrien va s’offrir des « bodysurf » d’anthologie, la seule partie vraiment compliquée étant de réussir à le sortir de l’eau.

On est bien...

On est bien...

  • Les environs sont sympas. Avec une voiture (ou en prenant l’un des nombreux tours organisés), il est assez facile, depuis Porto, d’accéder à d’autres sites intéressants. Nous irons notamment passer une presquejournée à Praia dos Carneiros, qui offre un grand lagon avec des bancs de sable, une piscine naturelle, et une belle plage, le tout à l’embouchure d’une rivière qui donne au site toute une palette de bleus – quand le soleil veut bien se montrer. On trouvera également, à l’extrémité sud de Maracaipe, en contournant la pointe, un site là encore de toute beauté, qui permet d’admirer le coucher de soleil. Nous renoncerons à faire un aller-retour jusqu’à Maragogi, en pensant que cela faisait beaucoup de route pour finalement quelque chose de très banal : une plage de rêve sur un lagon de rêve, so what ?? (j’ai conscience que je risque de perdre quelques lecteurs avec ce genre de blague…)
Piscine naturelle a Praia dos Carneiros.

Piscine naturelle a Praia dos Carneiros.

La petite déception de Porto de Galinhas sera quand même sur le snorkling/plongée. Nous espérions, compte tenue de la barrière de corail, voir d’aussi belles choses qu’au Mexique. Mais l’eau n’est pas très claire, et sur les endroits accessibles du récif, les coraux sont assez absents. En se baladant avec Gabriel, nous ferons la connaissance d’un de ses copains, un Suisse francophone qui s’occupe d’un club de plongée depuis une vingtaine d’année. Malheureusement la semaine à venir est réservée à des plongées sur épave à 35m, donc pas possible pour un baptême, et il me déconseille assez fortement les autres clubs du coin (matériel, formation, etc… sans compter la langue). En même temps, le temps – souvent nuageux, parfois un peu de pluie, et toujours 10 à 15 nœuds de vent – n’était pas idéal pour ce genre de sortie, ni pour le snorkling.

On lit la déception chez Charlyne de ne pas faire plus de snorkling...

On lit la déception chez Charlyne de ne pas faire plus de snorkling...

Voilà donc trois semaines qu’on se dore la pilule dans le Nordeste, on se dit qu’il serait de bon ton, pour clôturer cette étape, d’y ajouter un zeste de culturel. Non pas que les enfants le réclame, mais ce serait dommage de partir sans avoir vu autre chose que les plages. Et Recife offre deux bonnes opportunités.

Tout d’abord le quartier d’Olinda, au nord de la ville, avec ses rues en pente, ses maisons colorées, ses églises et autres couvents, avec la mer et les cocotiers en toile de fond, va nous offrir une magnifique ballade d’une demi-journée. Le couvent franciscain Sao Francisco (ils ont de l’imagination…), datant du 16ème siècle, offre de jolis décors sur bois et des peintures bleues sur faîence blanche qui nous rappellent le cloitre à côté de la cathédrale de Porto (du Portugal, pas de Galinhas). On aura qui plus est un timing parfait, puisqu’une grosse averse va s’abattre pendant notre déjeuner, avant que le soleil ne revienne pour la suite de la ballade.

 

Même avec un soleil timide, Olinda ça flashe !

Même avec un soleil timide, Olinda ça flashe !

L’autre intérêt de Recife, moins évident a priori, est son centre ville, auquel nous consacrerons également une bonne demi-journée. Les nombreux bâtiments historiques, en particulier les églises, ne sont pas toujours dans un très bon état de conservation, et côtoient souvent des bâtiments qui feraient passer le style soviétique pour raffiné et joyeux. Mais l’animation est au rendez-vous, les rues débordent de vie et de commerces en tout genre, on a l’impression de se balader dans un marché sans fin. Ca va même jusque dans le métro, où les rames sont en permanence parcourues par des vendeurs d’eau, de chips, de glace, ou encore de gadgets électroniques. Si votre truc c’est plutôt ambiance cosy ascendant lounge, vous risquez de vite saturer. Mais on prend cela comme une expérience vivifiante de ce qu’est la vie quotidienne de nombreux brésiliens, précaire certes, mais aussi animée et toujours accompagnée d’un indéfectible sourire.

Charlyne fait dans la composition florale à Recife (photo prise avec un iphone...)

Charlyne fait dans la composition florale à Recife (photo prise avec un iphone...)

Conclusion Brésil

Et c’est sans doute, au final, ce que l’on retiendra le plus de ces quatre semaines passées au Brésil : la bonne humeur des habitants, quelle que soit leur condition. Une fois j’ai pensé qu’on était tombé sur un ronchon : le chauffeur du bus de nuit entre Fortalezza et Recife. Avant le départ, il fait un briefing sur le déroulé du trajet, les pauses prévues, les consignes de sécurité (c’est du moins ce que l’on pense comprendre…). Visage fermé, voix monocorde. A un moment donné, une brésilienne assise près de nous, plutôt du genre exubérante, l’interrompt en lui posant une question. Je ne sais pas ce qu’elle lui a demandé, mais ça l’a tout de suite déridé, et il va avoir bien du mal à contenir un fou rire jusqu’à la fin de son briefing.

En plus de cela, on retiendra les nombreux atouts touristiques du Brésil :

  • Un climat très agréable, sur la côte au moins : pas trop chaud, assez sec, toujours un peu d’air, et souvent beaucoup,
  • Très peu de moustiques, Charlyne et Adrien vont quand même réussir à se faire un peu piquer, mais l’antimoustique n’est pas indispensable,
  • De nombreux « spots » extraordinaires et encore bien préservés,
  • Un coût de la vie relativement bas, on mange super bien pour moins de 10€, même dans les zones touristiques. A savoir, les portions sont souvent gargantuesques, nous prenions toujours 2 ou 3 plats pour nous quatre, et nous avons souvent eu du mal à finir….

Et je ne reviens pas sur le windsurf, le kite ou le surf…

Adrien et Tonton Vincent n'ont pas l'air de regretter d'être venus...

Adrien et Tonton Vincent n'ont pas l'air de regretter d'être venus...

Côté sécurité, notre expérience, qui n’a évidemment aucune valeur statistique, fut très tranquille : aucune mauvaise rencontre ni aucun sentiment d’insécurité, dans les grandes villes comme ailleurs. Il faut malgré tout qu’on apporte un petit complément à notre expérience dans la favela de Rio. Après la visite, nous avions renvoyé un message à l’organisme pour les remercier, en étant juste un peu surpris de la durée de la visite, plus courte que prévue. Ils nous ont répondu que notre guide avait préféré accélérer devant la présence policière renforcée : pendant les jours qui ont suivis, des affrontements armés ont eu lieu entre policiers et trafiquants… et l’agence a annulé tous les tours dans la favela.

De même côté arnaques, nous n’avons eu à déplorer aucune tentative d’escroquerie manifeste, comme nous en avions vues au Mexique. Le fait qu’une bonne partie des touristes soit brésiliens change sans doute un peu la donne de ce côté-là, même si l’on ne doute pas qu’on nous repère assez vite, et au plus tard dès qu’on ouvre la bouche. Car on est toujours infichu d’aligner plus de 2 mots en portugais, et c’est un sacré handicap ici, la grande majorité des brésiliens, y compris dans le tourisme, ne parlant que leur langue.

En ce 26 octobre, nous repartons donc vers l’Argentine, après 4 semaines en terre brésilienne. Si l’on ajoute les 2 semaines au Mexique, cela fait un mois et demi qu’on est sous les tropiques, jamais très loin de la mer. A posteriori, on se dit que l’on aurait peut-être dû fractionner davantage, car maintenant la prochaine baignade n’est peut-être pas pour toute de suite. Place maintenant aux montagnes et aux randos !

...et Alice non plus !

...et Alice non plus !

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