Argentine 1/2 - Buenos Aires
Santísima Trinidad y Puerto de Nuestra Señora del Buen Ayre.
C’est le nom initial de la ville qui est devenue la capitale et principale ville d’Argentine. Le nom a été simplifié, mais on peut penser que l’essentiel a été conservé. En tout cas, c’est que l’on a eu l’impression de respirer pendant une semaine, ce qui n’est pas commun dans une ville de 15 millions d’habitants…
Premier élément d’explication : après l’été, le printemps ! Nous arrivons à Buenos Aires à une période qui correspond plus ou moins à un début mai à Nantes : l’air un peu vivifiant le matin, mais quand le soleil donne, ce qui sera le cas la majorité du temps, on passe facilement l’après-midi en t-shirt. C’est bête, mais c’est la première fois depuis le Canada que l’on recherche le soleil plutôt que l’ombre, et les nombreux petits parcs, squares et autres placettes de Buenos Aires sont parfaits pour profiter de ces rayons printaniers, qui réchauffent sans brûler. Et bien que l’on ne soit pas au Japon, on voit quand même de nombreux arbres en fleur- et a minima en feuille – qui rajoutent un bol de bon air supplémentaire.
L’autre explication : la ville, bien qu’immense, n’est pas oppressante. Les rues sont larges, avec des trottoirs suffisamment grands, et la majorité des bâtiments reste à des hauteurs raisonnables. Plusieurs endroits rappellent un peu la partie Haussmannienne de Paris, et même si vue d’en haut on voit beaucoup d’immeubles plutôt typés années soixante, on trouve également de très nombreux bâtiments plus anciens, davantage semble-t-il que dans n’importe quelle ville d’Amérique. Et si l’on ne regarde qu’au niveau du sol, on trouvera quantité de boutiques, d’innombrables petits cafés aux pâtisseries alléchantes, et tout autant de restaurants et bars dans lesquels on se verrait bien passer un moment avant de poursuivre son chemin.
Bref, se balader dans les rues de Buenos Aires fin octobre quand il fait beau, c’est un plaisir en soi dont une semaine ne suffira pas à nous lasser. Et comme pour Jeri, n’ayant pas eu au cours de la semaine de déconvenues ou de surprises particulières, le compte rendu en sera assez synthétique.
Recoleta
Ca nous avait un peu surpris en voyant cela sur le guide, mais l’un des lieux à ne pas manquer à Buenos Aires, c’est un cimetière ! Celui de Recoleta, qui serait un peu le Père Lachaise Argentin, avec à la place de Jim Morisson la toujours populaire Eva Peron, ou Evita. Non pas que son tombeau soit le plus impressionnant. Il semble que ceux qui ont choisi le coin pour dernière demeure, principalement des hauts politiques et militaires (en Argentine ça se confond parfois un peu…), ont souhaité mettre le paquet dans l’immobilier de long terme, avec des constructions massives et de belles factures. Mais pour ce qui est des fleurs ou du nombre de personnes à se recueillir, Evita bat tout le monde à plates coutures !
Dans la foulée du cimetière, on va tenter, avec un succès mitigé, la visite du musée des beaux-arts, situé non loin. Il y a du lourd : une exposition sur Miro, des tableaux de Gauguin, Monnet, Van Gogh, etc… Mais on peine un peu à intéresser les enfants (seulement avec un portrait de Rembrandt qui les suit des yeux…), si bien qu’on n’ira même pas voir à l’étage à quoi ressemblent les toiles un peu plus locales.
Comme on ne peut pas dire qu’on est abusé des musées jusqu’ici (le dernier en date doit être le musée du surf à Santa Cruz, qui ne doit pas dépasser 30m2), et qu’on ne risque pas non plus d’en faire beaucoup par la suite, on va récidiver les jours suivants avec 2 autres musées : celui d’histoire naturelle, bien fait et qui a valablement constitué une alternative aux devoirs du jour (à part nous que des scolaires dans le musée !), et celui d’Eva Peron, situé dans le quartier de Palermo.
Palermo
L’intention première en allant à Palermo par ce beau samedi ensoleillé, était la visite du zoo et des parcs alentours. Ca commence assez mal, puisqu’en arrivant devant les grilles du zoo, c’est fermé, mais il semble qu’on soit les seuls à se casser le nez. On finit par comprendre qu’il y a des travaux importants, on nous indique entre 6 mois et 6 ans (selon peut-être la maîtrise de l’anglais de notre interlocuteur), bref pas la peine d’essayer de repasser après le déjeuner…
Le quartier de Palermo n’en est pas moins charmant : entre les parcs (Alice fera un tour de roller autour de l’un d’eux sur une route fermée à la circulation le we) et les rues de Palermo Soho, entre marché et cafés en terrasse particulièrement attrayants (on succombera une fois…), on va vite marcher quelques km sans s’en rendre compte.
Tigre et le delta du Rio Plata
Après l’échec du zoo, on tire notre dernière cartouche le dimanche, en allant à Tigre, à une demi-heure de train dans la banlieue au nord de Buenos Aires. Tigre abrite en effet un parc d’attraction sympa et à taille humaine – ça nous rappelle la foire de Nantes – qui, avec les beaux jours, s’agrémente en plus d’un parc de toboggans aquatiques. Sauf qu’on n’est pas encore aux beaux jours, et pour faire mariner un peu les enfants, on va commencer la journée à Tigre par une ballade dans le delta du Rio Del Plata. La surprise sera vite devinée, les bateaux qui partent dans le delta passent au pied des attractions... On passe en tout cas 3h très agréables dans le delta, entre le transfert en bateau, puis une ballade sur l’île de Tres Bocas le long des canaux bordés de petites maisons aux beaux jardins, où seul le bruit des oiseaux (et des bateaux aussi de temps en temps…) viennent troubler le silence. Ce sera évidemment une autre ambiance dans les manèges, dont nous allons finalement profiter tous les 4 : l’entrée n’est pas donnée, mais ensuite à l’intérieur c’est illimité, donc on ne se contentera pas de regarder les enfants s’amuser, on ira nous aussi faire des auto-tamponneuses, du grand 8 ou des chaises volantes !
Le long des très verdoyants canaux de l'ïle Tres Bocas. Au premier plan, la place de parking : une plateforme pour accoster !
La Boca et San Telmo
La Boca est le quartier populaire touristique de Buenos Aires. Pour vraiment l’apprécier, je pense qu’un match au stade des Boca Juniors vaut toutes les visites. Nous nous contenterons d’une traversée des 2 ou 3 rues connues du quartier, aux jolies maisons colorées mais dont les rues fourmillent de touristes et de magasins de souvenirs, ça manque un peu d’authenticité.
En rentrant par San Telmo (on voulait y aller dimanche pour le marché, mais il a fallu choisir avec Tigre et son parc d’attraction ouvert uniquement le we à cette période…), on découvre un quartier très mignon, avec une belle place ou l’on s’arrêtera prendre un café et regarder un couple qui danse le Tango, malgré une foule assez dispersée en ce lundi après-midi.
C’est un avant-goût de ce qui nous attend pour la soirée, puisque nous avons réservé un diner spectacle au « Catulo Tango ». Un service de navette vient nous chercher à 20h pour rejoindre la salle, mais la navette va faire un peu le tour de la ville pour récupérer d’autres invités, et nous n’arriverons qu’à 21h00. Mon sens de l’orientation m’indiquait qu’on devait se trouver dans le quartier de la Boca au sud-est du centre-ville, mais la durée du trajet retour – et un coup d’œil sur google map – me feront comprendre que nous sommes en fait juste à côté de chez nous, au nord-ouest du centre. Quoiqu’il en soit, le spectacle est incroyable. Même Adrien, à la fin, concèdera un « c’est quand même pas mal », tandis qu’Alice aura déjà sombré dans le sommeil. Je ne sais pas si c’est le meilleur endroit pour voir du Tango à Buenos Aires, tant cela semble plutôt taillé pour les touristes. Mais les 4 couples de danseurs qui enchainent sont impressionnants de vitesse, de virtuosité et de sensualité, et sont servis par un orchestre endiablé avec un piano, une contrebasse, 2 violons et 2 bandonéons qui vous transportent très vite sur une autre planète, ou à une autre époque, enfin bref on est pris dans le tourbillon de la danse et de la musique.
Le centre et « notre » quartier
Pour nos 2 dernières journées à Buenos Aires, nous allons poursuivre les balades dans les rues de la ville, mais avec en ligne de mire un objectif bien précis : préparer nos prochaines semaines, où l’activité principale sera la randonnée. La marche en ville constitue donc le volet de préparation physique, mais nous avons également un peu d’équipement à prévoir : il nous faut trouver des gants pour tout le monde, ainsi qu’une paire de chaussure pour Alice et pour moi. Alice arrive en effet au bout de ses tennis Artengo, de tout façon peu adaptés à la rando en montagne, et quant à moi j’ai dû ingurgiter trop d’hormones de croissance depuis le départ (ou c’est peut-être les 6 dernières semaines passées en tong qui ont été fatales ?), mes chaussures qui me paraissaient déjà un peu justes en taille au début du voyage sont devenues clairement trop petites.
La quête des magasins de sports « outdoor » va en tout cas s’avérer fructueuse, on trouvera notre bonheur à des prix corrects, et cela achèvera de nous convaincre sur le plaisir qu’il y a à arpenter les rues de Buenos Aires, cette ville qui nous semble à la fois familière et différente de tout ce que l’on connait.
Et on ne doute pas que notre prochaine étape sera également différente de tout ce que l’on connait : réveil jeudi 2 novembre matin à 3h30 pour partir vers la ville de la « fin del mundo », Ushuaia !
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