2 au 7 janvier 2013 - Hong Kong

Le choix de Hong Kong comme première étape de notre voyage s’est imposé assez rapidement. Pour des raisons logistiques d’abord : toutes les destinations en Asie sont desservies facilement depuis Hong Kong. Pour faciliter la transition ensuite, il nous a semblé que la ville était relativement occidentalisée, ce qui devait nous permettre une adaptation en douceur. Enfin parce que nous avons un ami, Sébastien, qui habite depuis quatre ans là-bas et qui parcours l’Asie depuis 6 ans, donc un contact avisé pour nous faire découvrir la ville et avec qui évoquer nos prochaines étapes. Il se trouve, cerise sur le gâteau, que Sébastien a emménagé fin 2012 dans un 4 pièces situé au cœur de la ville, et qu’il nous a offert, avec son amie Lisa, l’hospitalité pour tout le séjour, ce qui fut également très appréciable pour bien démarrer notre périple.
La raison principale de la durée relativement longue (5 jours) du séjour était de nous permettre de récupérer tranquillement du décalage horaire, tout en ayant le temps de visiter la ville. A posteriori, compte tenu de l’intérêt de Hong Kong et de ses environs d’une part, et de notre rythme plutôt lent d’autre part, deux ou trois journées supplémentaires auraient été tout à fait possibles.
Le « décalquage » horaire
On le savait, c’était le second « défi » du voyage, après le vol long-courrier : se mettre à l’heure locale, soit 7 heures plus tard qu’en France. Compte tenu du rythme adopté pendant les fêtes, le recalage serait même plutôt de 9 heures (et on ne compte pas l’heure supplémentaire de Londres…). Bref un réveil à 11h du matin à Hong Kong revient à se lever à 4h en France, et un coucher à minuit à aller au lit à 17h. Conclusion : difficile de coucher les enfants tôt, les nuits sont ponctuées de nombreux réveils – les premières nuits, Alice passe son temps à jouer à la poupée dans son lit, et Adrien se lève et se balade dans l’appartement en répétant qu’il est en pleine forme – et les réveils le matin sont douloureux. On essaye de faire les choses progressivement sur le réveil : 11h30 le premier jour, 10h30 le second, etc… mais il est toujours aussi difficile de les coucher le soir, et la journée est souvent propice à quelques bons coups de barre.
Pour le départ au Philippines, nous avons dû réveiller les enfants à 7h30 : Alice est plutôt du genre essence, ça c’est bien passé mais elle ne tiendra pas la journée ; pour Adrien en revanche, plutôt du genre diesel, nous avons eu le droit à une bonne heure et demi de mise en route avec les jérémiades qui vont avec. Il parait que l’on se recale d’environ une heure par jour en moyenne. On confirme qu’après 5 jours, les enfants comme nous n’avons pas encore intégré les 7 heures de décalage… La bonne nouvelle c’est qu’on a encore 5 mois pour y arriver !
La transition culinaire
Il est certainement possible de manger à peu près toutes les cuisines du monde à Hong Kong. La ville dispose de restaurants de toutes sortes, et l’on retrouve assez facilement des produits familiers dans les rayons des supermarchés. Pas d’inquiétude donc pour l’adaptation à la nourriture, les retours à la case départs sont encore possible. Et du coup largement utilisés : kellog’s au petit déj, des pates pour les repas à la maison, un restaurant « européen » avec des frites… ce n’est pas à Hong Kong que les enfants vont mourir de faim.
Les premiers essais à la nourriture asiatique sont mitigés : seule Alice a dégusté quelques Dim Sum, sorte de ravioles cuites à la vapeur absolument délicieuses quand elles sont bien faites, Adrien se concentrant sur les plats constitué majoritairement de riz ou de noodle – sous réserve qu’ils ne soient pas trop épicés.
De notre côté, Seb et Lisa nous font découvrir deux excellents restos à deux pas de chez eux :
• Le Din Tai Fung : une immense salle et une bonne cinquantaine de serveurs pour ce restaurant assez côté bien que très abordable. On commande une demi douzaine de mets, la plupart du genre Dim Sum, que l’on va se partager. Ca oscille entre très bon et délicieux, mais on était avec les enfants qui ne partageait pas tout à fait cet avis…
• Le Koh Thai : là pour le coup on avait prévu une baby sitter philippine, qui était quasiment à portée de voix puisque ce restaurant Thailandais est juste en face de l’appartement de nos hôtes. Le cadre est assez unique : une grande terrasse (chauffée…), au premier étage d’un immeuble, et de chaque côté des tours vertigineuse dont on aperçoit à peine le sommet. La cuisine est fine et copieuse, un avant-goût bien engageant avant la Thaïlande.
Bref à Hong Kong pas de soucis pour se nourrir, à noter tout de même que manger local revient nettement moins cher que de chercher à manger occidental.
Les expéditions
Il suffit de regarder une carte pour voire toute la diversité que peut recéler ce petit territoire ouvert sur la mer de Chine. Nous n’avons exploré que sporadiquement les lieux, mais à défaut de quantité nous avons découvert, grâce aux conseils et accompagnements de nos hôtes plus que par le guide, des endroits qui méritent clairement le détour. En voici un rapide aperçu.
1/ Hong Kong coté Ville

Ce que l’on pourrait appeler le centre-ville se situe de part et d’autre du bras de mer qui passe au nord de l’Ile de Hong Kong. Le quartier où nous logeons, Wan Chai, se situe grosso modo au milieu de la partie située sur l’ile, et est donc par là même proche de tout, y compris de l’embarcadère des anciens et fameux Star Ferry qui permettent de relier l’autre berge.
Dès notre arrivée, Lisa, qui a bien senti qu’elle avait affaire à des sportifs, nous emmène au pied d’un grand escalier, situé à deux pas de l’appart, pour prendre un peu de hauteur. 100m plus haut, et à moitié évanoui par l’effort, on découvre la ville depuis Bowen Road, qui serpente sur les flancs d’une des collines / montagnes qui entourent la ville, et où se retrouvent les nombreux joggeurs du soir. Ambiance carte postale, la nuit tombe et les immeubles s’illuminent, malgré la fatigue on s’émerveille devant ce spectacle urbain.

Le lendemain jeudi, on reste en ville mais on va au milieu de la verdure découvrir le parc, sa volière, et le parc zoologique situés juste à côté. On trouve ça absolument génial pour de nombreuses raisons : la nature au milieu de la ville, le peu de monde (sans doute parce qu’on est en semaine), le temps hyper agréable (soleil, 20°C), la qualité des espaces verts, de la volière, du parc zoologique, tout cela étant entièrement gratuit et libre d’accès. Et pour couronner le tout, des espaces pour enfants avec des jeux qui nous feraient presque regretter de ne plus l’être. On en profite largement tout l’après-midi, et rentrons à Wan Chai en expérimentant l’autre moyen de transport vintage de la ville, son Tramway à double étage. Le mode de fonctionnement est assez étonnant et ne s’improvise pas : on monte par l’arrière en franchissant un petit tourniquet, et on descend à l’avant en mettant dans une petite boite la monnaie correspondante : 2,3 HK$, soit ~ 23 cts d’euros, sans que personne ne contrôle. N’y connaissant rien et n’ayant pas trouvé de borne pour acheter des ticket (ce qui est normal puisqu’il n’y en a pas), on monte et on reste planté à l’arrière, gênant un peu tout le monde, et on redescend en franchissant péniblement le tourniquet à l’envers, sous l’œil effaré des autochtones qui sont manifestement plus respectueux des règles que les latins que nous sommes…
2/ Hong Kong coté île de Pirates

Le vendredi, nous choisissons de nous expatrier pour la journée (enfin, l’après-midi vu l’heure du réveil) sur Cheung Chau, petite ile sans voiture située au sud de la grande ile de Lantau où se trouve l’aéroport. Les dimensions et la topographie nous rappellent un peu les Saintes en Guadeloupe : nous arrivons après 30 min de traversée dans une grande baie pleine de bateau de pêche, et débarquons dans une petite ville aux ruelles étroites mais plutôt accueillantes. Hormis le Mac Do situé pile en face du débarcadère, on se dit qu’on est vraiment en Asie.

La saison n’étant pas très adaptée pour profiter de la plage pourtant jolie, nous prenons la direction du repère de Cheung Po Tsai, pirate du début du 19ème siècle et légende locale dont le chef, Cheng I, disposait apparemment d’une flotte de 1200 bateaux et 50 000 hommes ! A ce niveau d’armada, on se demande qui, d’eux ou des Portugais qui les affrontèrent, étaient les pirates…
Le repère n’a rien d’extraordinaire (en fait on n’est pas certain de l’avoir trouvé !), par contre la ballade (1h environ) en elle-même et la pointe rocheuse où il se trouve sont très sympas, surtout avec les rayons de soleil qui percent à travers les nuages de ce vendredi (seule journée un peu moins belle de notre séjour) et donnent une ambiance particulière aux paysages traversés.

Pour retourner à l’embarcadère des Ferrys de Cheung Chau, nous trouvons au bout d’un ponton un sampan qui nous semblait initialement vide, mais après quelques « Hello » lancés au hasard, une forme hirsute est sortie d’une couverture qui le recouvrait entièrement et a démarré le moteur ni une ni deux pour ramener la famille à bon port (c’est le cas de le dire). Faute de goût, nous prendrons le gouter au Mac Do avant de sauter dans le Ferry nous ramenant vers le centre-ville.
3/ Hong Kong côté mer et montagne
Seb et Lisa nous accompagne pour cette journée qui débute par la descente dans la montagne entre les réservoirs d'eau douce

Bowen Road nous avait déjà donné une idée de la proximité de la montagne et des premiers espaces verts situés aux portes des grattes ciels. En quelques lacets supplémentaires et en moins de 10 minutes de taxi, nous parvenons, en ce samedi matin particulièrement ensoleillé, à un col – Park View - qui est le départ de nombreuses randonnées en pleine nature. C’est assez incroyable de passer aussi vite de l’agitation de la ville au calme de la montagne verdoyante. Nous descendons, en zigzagant entre les réservoirs d’eau douce conçus à la fin du 19ème siècle par les anglais pour approvisionner la ville en eau, jusqu’à atteindre une route qui longe la côte sud de l’Ile de Hong Kong et surplombe Tai Tam Bay.

Le temps d’attraper un taxi (qui sont très bon marché, surtout quand on monte à 6 dedans !) et en 10 minutes nous nous retrouvons à Stanley pour l’heure du déjeuner. Nouveau lieu, nouvelle ambiance : ici c’est une station balnéaire qui ressemble à s’y méprendre à un port de méditerranée, avec sa promenade et ses terrasses de café, ses plages etc… La population est elle aussi très occidentale, pas très dépaysant donc mais malgré tout très agréable compte tenu de la météo. Hamburger et frites pour le déjeuner, et direction la plage pour faire quelques patés, tout en regrettant de ne pas avoir emmené de maillot.
On termine le tour de l’ile par une montée vers le Peak, point de vue situé à 500m au-dessus de la ville qui offre une vue parfaite même si toutes nos photos sont plutôt ratées…
4/ Hong Kong côté Nouveaux Territoires et côté Sport

La partie verte de la carte, elle aussi très vallonnée avec un point culminant à près de 1000m, est nettement moins fréquentée des occidentaux vivant principalement sur l’Ile d’Hong Kong. De ce que l’on a pu en voir, on alterne entre des zones péri-urbaines constituées de grandes tours peu engageantes, et des grands espaces de nature. C’est le second point qui nous y conduit.
Peu avant Noel, Seb me propose de faire un trail le dimanche suivant notre arrivée. Avec la connaissance aigue que j’avais d’Hong Kong, j’imaginais uniquement un trail urbain comme il s’en courre parfois (à Vannes par exemple, hein Gwendal ?), et qui sont adaptés à tous les niveaux. Je réponds donc positivement, tout en demandant les différents formats possibles. En fait il n’y en a que deux : le « full », et le « half ». De quoi ? de Moutain Marathon. Gloups… Je vais partir plutôt sur le « half » alors… 22 km et 1000m de dénivelé, c’est déjà pas mal, mieux vaut ne pas abuser des bonnes choses…
Le parcours dans la nature est très chouette, de beaux paysages et de beaux points de vues ponctuent le trail, mais il faut rester vigilant pour ne pas se tromper d’itinéraire, on se retrouve facilement avec personne avant ni après pour vous détromper si on rate une bifurcation. Ma plus grande angoisse étant de me tromper à l’embranchement entre le full et le half… Mais malgré seulement quelques centaines de participants, l’organisation est au taquet avec des ravitaillements réguliers et un balisage bien fichu. J’arrive au bout après un peu plus de 3 heures d’effort, plutôt content de moi malgré tout. Seb a bouclé le même parcours en moins de 2h30, mais il a triché en courant dans les montées. Le Hong Kongais est sportif…
Conclusion
Hong Kong est la destination parfaite pour une famille d’occidentaux qui cherche à se familiariser avec l’Asie. On comprend aussi assez facilement qu’elle soit une destination privilégiée pour les expatriés : une ville animée, la montagne et la mer, le tout dans un climat très agréable, ça pourrait presque inciter à quitter la Bretagne. En tout cas cela permet une adaptation en douceur pour les enfants. On retiendra notamment que la perte du Doudou d’Alice, drame de la soirée de samedi, sera presque passée inaperçue par la principale intéressée. Ce qui nous laisse à penser que, malgré des restes de fatigues liés au décalage horaire, on est bien partis…
Un énorme merci à Seb et Lisa pour leur super accueil pendant ces 5 jours, ça nous a tellement plu qu’on va revenir faire un saut avant d’aller à Bangkok :)
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