7 au 11 janvier 2013 : Philippines – Ile de Palawan (1/2)

Les Philippines ne faisaient pas partie de notre itinéraire initialement imaginé. Mais différents échos nous ont convaincus d’y faire escale, et le meilleur moment était finalement le tout début du voyage. Seulement les Philippines, c’est grand, et comme on s’était calé sur une dizaine de jours sur place, il a fallu faire un choix : Luzon et Manille, Les Visayas, Mindanao et Sulu (le sud où il y a eu en décembre un typhon qui a fait des centaines de victimes…) ? Ce sera finalement l’île de Palawan qui va le plus retenir notre attention, pour ses archipels d’îles désertes facilement accessibles et son côté « tranquille » - c’est apparemment la moins peuplée des Iles des Philippines (on imagine qu’on parle des iles majeures, car on en a vu qui n’étaient vraiment pas très peuplées…).
Apres deux heures d’avion depuis Hong Kong, nous atterrissons à Manille pour une escale de 3h. L’ambiance tranche tout de suite avec Hong Kong : des bidonvilles s’entassent à moins de 50m de la piste d’atterrissage. Dans notre grande ignorance, on en profite pour relire la partie histoire/géo du Lonely Planet, voici un petit quiz pour vous mettre également à niveau – réponse en fin de post :
Démographie
1/ Combien d’habitants vivent aux Philippines ?
2/ Quelle est l’âge moyen de la population ?
3/ Quelle est l’âge moyen d’une personne de la taille d’Adrien ?
Economie :
4/ Quelle est la monnaie locale et le taux de change ?
5/ Quel est le % de la population vivant avec moins de 2 US$ par jour ?
6/ Peut-on trouver un distributeur de billets à El Nido ?

1/ Puerto Princessa
Nous arrivons à Puerto Princessa, capitale de Palawan, le lundi 7 janvier en fin d’après-midi. Nous n’avons qu’une envie après une journée de voyage : prendre une douche et déposer nos bagages. L’hôtel, réservé avant le départ, et tout proche de l’aérogare, s’appelle le Lotus Garden, le style semble être un joyeux mélange entre Japonais, Thailandais… et sans doute Philippin. Pour le plus grand bonheur des enfants, et surtout, d’Adrien, l’hôtel dispose de plusieurs bassins avec des poissons et des tortues. Pour les repas, en plus d’un grand patio en bois sombre ouvert sur le jardin où l’on circule pied nu, une petite terrasse a été aménagée dans un grand arbre. Bref, le lotus garden est une attraction en soi, et malgré la proximité de l’aéroport, la nuit est très calme et va nous inciter à rester une journée de plus à Puerto Princessa, histoire de finir de nous recaler en douceur.
Le lendemain, petite matinée à découvrir la ville, avec 3 objectifs pas trop ambitieux : trouver une « laundry » pour les 3kg de linge sale que nous avons (la laverie de l’hôtel était saturée), trouver un distributeur de cash, et surtout trouver une paire de tongue pour le patriarche qui commence à avoir sacrément chaud dans ses chaussures de trail…
La rue principale de Puerto Princessa est très animée, beaucoup de tricycles – sorte de moto side car - qui slaloment entre les quelques vans et jeepneys (sorte de minibus). Les règles de priorité sont assez basiques : c’est la loi du premier arrivé, et en cas d’égalité, c’est plutôt la loi du plus fort. A moins que ce ne soit l’inverse. C’est un peu bruyant, il commence à faire un peu chaud, mais c’est assez sympa néanmoins : peu d’occidentaux, c’est assez propre, les gens sont souriants et regardent Alice avec beaucoup d’intérêt… en pensant que c’est un garçon. Il va falloir qu’on fasse des tresses dans les cheveux ou une jupe pour lever toute ambiguïté…
Les 3 objectifs sont rapidement atteints : une laverie ou l’on paye 2 fois le prix pour avoir les vêtements le soir même : 3 euros pour 3 kg de linge, ça reste raisonnable… Mes tongues sont vite trouvées, à 1 euro la paire ce ne sera pas un drame si elles ne font pas tout le voyage. Enfin les distributeurs sont nombreux à Puerto Princessa, contrairement au reste de Palawan : c’est là qu’il faut faire le plein et bien calculer pour le reste du séjour – ce en quoi nous allons nous planter joyeusement…
Le premier tricycle emprunté. On était dubitatif sur la capacité de rentrer à 4 dedans. On le fera une fois avec un adulte et les bagages en plus
Pour déjeuner, nous cherchons un restaurant qui fait, selon le Lonely Planet, la meilleure pizza de Puerto - oui, nous avons un peu revu à la baisse nos ambitions d’acclimatation à la nourriture asiatique. Un peu perdus, nous demandons à une femme notre route, qui va tout de suite missionner un homme en tricycle stationné juste à côté pour nous conduire jusque-là bas. Après 500m de course (le mot course est mal indiqué pour qualifier le rythme d’un tricycle avec 5 personnes à bord et motorisé par une vieille 125…) nous arrivons devant le grall, et contrairement à ce que nous imaginions, le conducteur ne nous demande rien. Nous lui demandons s’il peut venir nous chercher une heure plus tard pour nous reconduire à l’hôtel après le déjeuner, il nous attendra à l’heure dite (avec une petite passagère en plus) et une fois à l’hôtel, quand on lui demande combien on lui doit, il nous répond avec un sourire : « up to you ». Nous lui donnerons le montant de la course type indiqué dans le Lonely. Tous les tricycles ne sont pas taxi, même si beaucoup le font quand un touriste leur demande car c’est rentable pour eux. Celui-là nous laisse une impression très positive de l’attitude des philippins vis-à-vis des touristes occidentaux, même s’il s’agit sans doute d’une exception quant à la manière de monnayer ses services.

L’après-midi sera plutôt placée sous le signe du repos pour certains et du travail pour d’autres. D’ailleurs, pour toutes les journées suivantes, nous essayerons de suivre ce rythme. De 14h à 16h, une sieste pour Alice, un moment d’étude pour Adrien.
En fin d’après-midi, nous choisissons de nous rendre à une plage située non loin de l’hôtel. Pas vraiment le paradis mais les enfants sont ravis de pouvoir se baigner dans la mer de Sulu (on découvre, nous aussi). Les enfants ont tout le temps pied, ce qui leur permet de patauger ou nager et surtout de se rafraichir en toute sécurité. Adrien estime que la mer est meilleure qu’en Bretagne. Il n’est en revanche pas sûr qu’elle soit aussi propre à cet endroit-là…
Un des employés de l’hôtel nous avait dit qu’il nous réservait une place dans un van pour Port Barton le lendemain matin, à un tarif très compétitif. Nous parvenons à le re-croiser au cours du dîner, et là ça se gâte un peu : le van qui devait nous prendre à l’hôtel à 9h30 s’est transformé en bus qui part à 9h de l’aéroport (donc réveil 1h plus tôt), et qui met 4h au lieu de 3h pour rallier Port Barton. On est un peu stressés par la tournure que prend la chose, mais difficile de s’énerver devant le sourire que nous sert le jeune homme et son air de vouloir faire de son mieux pour nous aider. En fait il y a assez peu (voir pas du tout ?) de liaison régulière par van vers Port Barton, du coup il nous a orienté vers le bus. L’autre solution, que nous allons finalement retenir, consiste à louer un minivan juste pour soi, ça coûte 5 fois plus cher mais nous ne nous sentons pas encore prêts pour les plans galères avec les enfants. La suite va nous donner raison sur ce coup-là…
2/ Port Barton
Il faut vraiment vouloir aller à Port Barton.
Nous avons loué un mini van pour nous 4, on ne manque pas de place, la clim fonctionne bien, tout semble aller bien.
Après quelques dizaines de kilomètres, nous doublons un bus, arrêté en plein virage au beau milieu de la route, en train de changer un pneu. Les passagers, touristes occidentaux pour la plupart, sont debout sur le bas-côté quelques mètres plus loin, et semblent exprimer une certaine inquiétude. Nous imaginons qu’il s’agit du bus que nous avons failli prendre, et nous sentons confortés dans notre choix. Nous apprendrons un peu plus tard qu’il s’agissait bien du bus pour Port Barton, et qu’ils n’étaient pas au bout de leurs peines.
Au milieu du trajet, alors que notre chauffeur passe coup de fil sur coup de fil et que nous avons entre temps embarqué un de ses copains qui ronflent bruyamment, allongé en travers sur la banquette arrière, notre minivan vient se stationner derrière un autre van, de même taille mais monté sur un châssis genre 4x4. Un type avec une tête de tueur en sort, lui pour le coup n’est pas très souriant. On est brièvement tenté de vérifier dans le Lonely Planet si les prises d’otages sont fréquentes à Palawan. Notre chauffeur nous explique, tout en transférant nos bagages vers l’autre van, que l’état de la route nous oblige à adapter le véhicule. Nous nous attendons donc à poursuivre sur un chemin pas très praticable. Effectivement, à 20 km du but, la route se transforme en piste cahoteuse (voire chaotique), nous roulons sur un chemin avec des nids de poule et des grandes flaques boueuses. Nous imaginons à chaque difficulté que nous resterons enliser sans personne aux alentours. Le point d’orgue est atteint au franchissement d’une rivière : le pont est en travaux, mais un chemin descend dans le champ en contrebas pour passer au niveau d’un gué. Il nous faudra quelques minutes de lourd suspense pour parvenir à gravir la pente boueuse après le gué, mais notre chauffeur, toujours imperturbable, nous amène finalement à destination juste pour l’heure du déjeuner. Seule Alice aura bien profité des cahots de la route, en s’endormant comme une masse dans les bras de son père.
Nous sommes contents d’arriver pour découvrir un petit village au bord de mer. Nous nous rendons vite à notre cottage pour nous installer et déjeuner face à la plage.
Notre "cottage" à Port Barton. En fait notre bungalow est situé derrière, mais la photo rend nettement moins bien que celle du bâtiment principal
Nous apprécions tout de suite le calme, la plage de sable blanc, l’eau turquoise, la gentillesse des habitants et des propriétaires du cottage. Nous prenons notre temps l’après-midi pour nous baigner et découvrir la baie. Les enfants passeront tout leur temps dans l’eau. Nous aurons même du mal à faire sortir Adrien. Nous les laissons en profiter car après les philippines, notre périple se poursuivra dans des endroits où nous ne pourrons pas nous baigner dans la mer.
Le soir, nous croisons au bar un quatuor de quadra français. Ils sont arrivés dans l’après midi avec le bus parti à 9h le matin. Ils nous confirment que la roue crevée, c’était eux. Quant au passage de la rivière, ils ont dû évacuer le bus qui s’enlisait, et ont joyeusement pataugé pour le rejoindre ensuite. Autant l’histoire nous semble amusante – eux même ont trouvé l’expérience plutôt marrante – autant on se dit qu’avec les enfants on aurait moyennement apprécié. Mais ne désespérez pas, on aura certainement d’autres occasions de nourrir la chronique « Aventure » lors de notre voyage !
Le jour suivant, nous partons de bon matin (9h donc…) pour un tour de « island hopping » autour de Port Barton. Et là, inutile d’en dire plus, les photos parlent d’elles-mêmes.

Ce qui est particulièrement appréciable à Port Barton, et cela a sans doute à voir avec l’état de la piste pour y accéder, c’est le nombre relativement faible de touristes. L’endroit est clairement tourné vers le tourisme, avec une bonne dizaine d’hébergement sur la baie, des restaurants, etc… mais les locaux restent majoritaires, et chose assez amusante, comme on voit toujours les mêmes têtes, on a tendance à saluer les gens que l’on croise. Lors de l’island hopping, on doit être en tout et pour tout entre 20 et 30 (6 ou 7 bateaux) sur un site qui doit faire la taille du golfe du Morbihan. Comparé à El Nido et la baie de Bacuit, où il faut multiplier les chiffres par 10 (à l’exception de la taille du site), c’est un peu comme la Bretagne en avril ou la Côte d’Azur au mois d’août. On vous laisse deviner ce que l’on préfère…
Ayant réservé un logement à El Nido avant notre départ, nous quittons Port Barton après 2 nuits passées sur place, en se disant que l’endroit en méritait sans doute un peu plus.
Réponses au quizz :
1/ Plus de 100 millions, c’est le 12ème pays en nb d’habitants. La population en 2000 n’était que de 77 millions. Très catholique, les lois pour contrôler les naissances ont du mal à voir le jour, et l’explosion démographique se poursuit.
2/ Directement en lien avec le point 1/, l’âge moyen est de 22 ans. Nous ne croisons quasiment jamais de personnes qui nous paraissent agées
3/ 8 ou 9 ans. Le Philippin n’est pas très grand, officiellement c’est le 79ème pays au monde pour la taille des habitants (j’ignorais qu’il existait un tel classement !), j’aurais même dit moins. Du coup ça peut conduire à des gaffes : sur un tricycle ou nous étions tous les 4 + le conducteur + son fils devant lui, le chauffeur nous demande l’âge des enfants. Nous lui répondons et lui retournons la question, et voyant que son fils fait à peu près la taille d’Alice, pour ne pas prendre de risque, je suggère « 3 years old ?». Raté, il en avait 5 – mais ça n’a pas entamé sa bonne humeur pour autant, le Philippin est avant tout souriant…
4/ Le Peso Philippin. 50 pesos = 1 euro. Hormis le voyage, Les Philippines représentent une destination assez peu chère pour un européen. A quatre, nous visons un budget quotidien d’environ 110 euros.
5/ 40% des philippins vivent avec moins de 2 US$ par jour. Palawan étant manifestement moins touché par l’explosion démographique, et la ville principale de Puerto Princessa restant de taille assez modeste, nous n’avons pas vu au cours de notre séjour de scènes de grande misère. Nous ne sommes pas non plus, il faut bien le dire, beaucoup sortis des sentiers battus. Adrien n’a sans doute pas réalisé qu’il y avait une différence de niveau de vie entre la France et Palawan (un buffle pour labourer un champ, rien de plus naturel), et c’est aussi bien comme ça.
5/ Non, et à Port Barton non plus ! Sachant que très peu de commerces prennent la carte bleue, mieux vaut prévoir le coup ! A l'heure ou nous publions ce post, nous sommes à Taytay avec une quantité insuffisante de cash pour payer notre prochaine nuit, et aucun moyen de retirer à moins de 2h de route. Peut-être le début de la chronique "Aventure"...
/image%2F0256755%2F201212%2Fob_547fa7d3553c286018dd8af11c0f126c_tspetitlu.jpg)











