11 au 18 janvier 2013 : Philippines – Ile de Palawan (2/2)
3/ EL NIDO
Après deux jours de beau temps à Port Barton, la piste est plutôt en meilleur état qu’à l’aller, et le pont ayant été remis en service, nous rejoignons sans encombre la route principale de l’ile qui relie Purerto Princessa à Taytay puis El Nido.
Un impératif nous angoisse néanmoins légèrement pour le trajet : il nous faut absolument trouver un distributeur de billet pour retirer de l’argent. Contrairement à ce que nous avons dit à notre chauffeur, nous n’avons même pas assez pour payer la course. Il a beau sembler un peu plus avenant que le chauffeur de l’aller, il est probable qu’il goûte assez peu à la plaisanterie une fois à El Nido. Selon les renseignements pris à Port Barton, il existe un seul distributeur en dehors de Puerto Princessa : à Roxas, a priori la deuxième plus grande ville de Palawan, situé sur la route vers El Nido. Une fois arrivée sur place, le distributeur est en panne. On nous indique une station-service située non loin, munie d’un terminal carte bleue, et qui accepte les échanges avec du cash, moyennant une commission de 6%. On limite donc le retrait pour couvrir les 4-5j qui vont suivre, espérant trouver d’ici là un moyen plus intéressant. Grosse erreur…
Notre arrivée à El Nido est un peu mouvementée. Le « resort « réservé avant notre départ n’est accessible que via un petit chemin qui serpente sur 500m le long de la côte. Avec le soleil, les bagages et les enfants qui commencent à avoir faim, on sature assez vite – nous sommes encore débutant en tant que routards en famille… Une fois arrivés sur place, mauvaise nouvelle : ils se sont trompés ( ?) dans les réservations, c’est complet pour le moment. Ils vont nous reloger dans une guesthouse situé en centre ville. Nous refaisons donc le trajet en sens inverse, mais cette fois avec le tricycle du fils du propriétaire. Si le nouveau logement nous semble au début moins sympa (nous n’avons plus la vue sur mer, la cour en terre battue est peu accueillante), ce sera finalement aussi bien : la plage principale est plus indiquée pour la baignade que le reef situé devant l’autre hôtel, et nous sommes à proximité des restaurants et de toutes les facilités pour notre séjour. Nous nous installons dans la chambre selon notre organisation habituelle : un lit double pour les parents, un lit simple pour Adrien, et la tente d’Alice à côté. Dans une chambre de 12m2, il ne reste très vite plus beaucoup de place pour circuler. Ca tombe bien, nous n’avons pas trop l’intention d’y passer nos journées.

Comment décrire El Nido ? C’est un peu comme Port Barton en plus agité : une jolie baie entourée de montagnes et d’îles, et un front de mer très construit mais plutôt à la mode locale : pas de grands immeubles ou de complexes hôteliers, mais plein de petites constructions assez disparates. Pas très joli mais assez pittoresque.
La ville vit clairement du tourisme. El Nido semble être le passage obligé de tous les voyageurs séjournant quelques jours à Palawan, malgré une distance relativement importante depuis Puerto Princessa – il faut compter 7h de bus ou 5h en van.
L’activité phare est le « Island Hopping » dans la baie de Bacuit, et profitant du beau temps qui continue depuis notre arrivée à Palawan, nous réservons notre sortie pour le lendemain. Vu le nombre de boutiques qui proposent des excursions dans la baie (4 circuits standards sont possible), nous nous attendons à ne pas être les seuls à jouer aux Robinson Crusoé.
Nous appareillons donc à l’aube (9h toujours) le lendemain, cette fois nous partageons le bateau avec un couple de jeunes français, un couple de belges un peu moins jeunes et fort sympathiques une fois, et semble-t’il un jeune chinois accompagné d’une fille du cru, d’aucun pouvant penser, compte tenu de sa tenue, qu’il s’agirait d’une sorte d’escort girl. Mais cela ne nous…regarde pas !
L’équipage est composé d’un pilote et d’un guide, c’est plus « pro » qu’à Port Barton, et du coup ça perd aussi un peu de son charme.
La baie de Bacuit reste quoi qu’il en soit à couper le souffle : des Iles vertigineuses partout, un nombre de plages idylliques impressionnant, des lagons magnifiques entourés de falaises. Quant aux fonds marins, dont nous n’avons qu’un petit aperçu en masque-tuba, il y a là aussi de quoi faire : des coraux, pleins de poissons… mais aussi des ersatz de méduses qui picotent légèrement, sans rendre la plongée impossible.
Nous profitons largement des différents points de chutes où nous jetons l’ancre. Même s’il y a rapidement 10 à 15 bateaux sur chaque site, on ne se marche pas dessus. En revanche pour se baigner au bord avec les enfants, compte tenu de l’envergure des bateau-trimarans, c’est souvent un peu pénible. Et l’on a moins le sentiment de vivre une expérience unique. Après on ne va pas se plaindre non plus…

Le lendemain, nous reprenons un rythme plus scolaire. L’expérience semblant montrer qu’il est plus facile de travailler le matin qu’après le déjeuner (en voilà une découverte !), nous passons la matinée dans notre bar/resto préféré, situé sur le front de mer, au premier étage au-dessus d’un centre de plongée. Les serveuses sont hyper sympas avec les enfants qui le leur rendent bien, et comme tout le monde part en excursion la journée quand il fait beau, nous sommes très tranquilles. L’après-midi, après une sieste dans des conditions normales – Alice dort néanmoins très bien sur les bateaux – nous prenons un tricycle pour rejoindre une plage située de l’autre côté de la pointe qui ferme la baie d’El Nido à gauche. De belles vagues au bord vont faire le bonheur d’Adrien jusqu’aux derniers rayons du soleil.
Soleil qui va ensuite prendre quelques vacances, que l’on peut considérer bien méritées : le bulletin météo avant notre départ d’Hong Kong annonçait un scenario catastrophe, et nous avons déjà presque épuisé un premier tube de crème solaire – et un peu de Biafine aussi…
Après une nouvelle matinée en mode scolaire, mais sous la pluie cette fois, donc nettement moins calme car toutes les excursions nautiques ont été annulées, nous décidons d’utiliser l’après midi pour nous rapprocher de notre prochaine destination : l’île d’Icadambanuan où se situe un petit resort pas cher, dont le bateau nous attend pour le lendemain à 10h à Taytay pour faire la traversée. C’est un plan un peu improvisé depuis El Nido, de manière à redescendre par étape à Puerto Princessa, tout en bénéficiant d’un ou deux jours dans un endroit très calme.
Avant notre départ, nous cherchons par tous les moyens à retirer de l’argent. Pas de distributeur, on le savait, mais les stations service ne veulent/peuvent pas non plus nous fournir de cash. Il nous reste cependant suffisamment pour faire le trajet de 2h jusqu’à Taytay en « RORO » bus, sorte de car plutôt rapide rempli au ¾ de Philippins et ¼ de touristes occidentaux, auxquels viennent s’ajouter, folklore oblige pour les trajets en bus, quelques poulets.
4/ TAYTAY (prononcer Taille Taille)

La ressemblance avec Hollywood s’arrête là. Nous n’avons en tout cas pas croisé de star ou vu de studio de cinéma dans ce village sans grand intérêt touristique, hormis le fort Isabelle, l’un des huit construit par les espagnols sur Palawan et sans doute le premier puisque Taytay fut dans le passé la principale « ville » de Palawan.
Toujours impossible de retirer de l’argent à Taytay : le seul distributeur de la ville ne prend que des cartes de crédit locales, et la station-service n’a pas de terminal. On se rassure en se disant sans y croire que le resort où l’on doit séjourner accepte les paiements par carte, et qu’on trouvera quand même une solution dans tous les cas.
Nous passons la nuit dans à la « Casa Rosa », charmante résidence dont le restaurant construit dans une case ouverte sur la baie offre un superbe panorama.
Le lendemain matin, le temps est toujours moyen, pas de pluie mais un vent assez fort et une mer un peu formée nous incitent à appeler le resort. Selon eux, pas de gros problème pour la traversée en bateau, par contre gros problème pour le paiement par carte ou par virement bancaire. Nous décidons donc d’attendre une journée à Taytay le temps que la météo se calme et pour trouver du cash, mais nous devons rapidement admettre qu’il faut revoir nos plans plus radicalement : aucune chance de trouver du cash à Taytay, et tant qu’à redescendre a minima à Roxas situé à 2h de route en direction de Puerto Princessa, autant finir le séjour à Sabang, station balnéaire située non loin de Puerto et très connue pour sa rivière souterraine.
On se prépare donc à prendre le Roro bus de 13h30 qui doit nous faire arriver, si tout va bien et qu’on réussit notre connexion à Salvation, vers 18h30 à Sabang. Le défi consiste ici à réussir à faire un stop à Roxas pour trouver du cash, sans quoi notre séjour à Sabang risque de tourner court…
Il nous reste 4h à tuer (oui le décalage horaire n’est plus qu’un lointain souvenir, les enfants nous réveillent maintenant à 7h), ce sera les travaux scolaires pour la mère et le fils, et une visite du fort pour le père et la fille.
Une ballade avec Alice dans le porte-bébé dorsal est toujours plaisant à Palawan. Succès assuré auprès de la ménagère de moins de 50 ans. Les « Hello baby ! », « what’s your name ? » et « how old are you ? » fusent, toujours de façon très amicale. On ne peut pas dire qu’Alice donne le change aux sourires qu’on lui fait, mais ça ne les décourage pas !
Le fort Isabelle a été plutôt bien préservé, et de jolies plantations viennent se mêler joyeusement avec les canons. Nous sommes les seuls à visiter l’endroit, qui est pourtant assez sympa et qui offre une jolie vue. Le fait d’être dans un lieu chargé d’histoire que vient rappeler des peintures d’un artiste local (la conquête espagnole, le passage de Magellan, la bataille des américains contre le japonais au cours de la seconde guerre mondiale…) est assez agréable en soi, Palawan étant plutôt limitée en la matière.
5/ Trajet Taytay -> Sabang : we did it!
Récapitulons : départ de l’hôtel à 13h, il fait chaud, c’est l’heure de la sieste d’Alice. Trajet de 4h dans un bus plein à craquer et non climatisé. Nécessité de retrouver au passage de Roxas la station service qui accepte de fournir du cash. Correspondance à trouver à Salvation, puis encore une heure de Van jusqu’à Sabang, où nous n’avons pas d’hébergement de réservé.
Là on est au taquet de ce qui nous semble faisable en terme de routardise version famille avec jeunes enfants… et on ne sera pas peu fier quand on posera nos sacs dans un hôtel de Sabang vers 20h30 !
Le trajet, quoi qu’un peu éprouvant, se passe super bien : les philippins font tout pour nous faciliter les choses. A l’arrivée à Salvation, il devait y avoir la moitié du bus qui interpellait le conducteur pour lui dire de s’arrêter et nous aidait à descendre nos bagages. Les trajets en bus ont cet intérêt de créer une proximité avec les gens, tout en se mettant dans le rythme local. Les enfants ont globalement bien supporté, même s’ils finissent sur les rotules.
Les Roptinets peu impressionés par le trajet qui les attend. Ca fera quand même moins les malins à l'arrivée...
6/ SABANG

La plage de Sabang n’a rien à envier à celle d’El Nido ou de Port Barton : le Lonely Planet la déconseillait en raison des mouches qui l’infeste l’après midi. De deux choses l’une : soit les autorités locales ont traité le problème, soit le rédacteur du guide est passé au mauvais moment.
Au réveil le mercredi 16, nous nous rendons compte que nous avons posé nos valises dans un hôtel donnant sur le parking où débarquent tous les touristes asiatiques qui viennent voir la rivière souterraine. Nous repartons vite nous installer dans un bungalow situé au beau milieu de la baie, à 20 m de la plage, pour un prix moins élevé. Nous sommes entre 2 complexes balnéaires haut de gamme mais bien intégrés, qui donnent à notre emplacement un double intérêt stratégique. A gauche, le Sheridan, avec son bar à jus de fruit frais et ses locations de bodyboard pour la journée. A droite, le Daluyon, avec son bar à Coktail et son très bon restaurant pour la soirée.
Vous l’aurez compris, la fin de notre séjour aux Philippines est placée sous le signe de la détente, sur une plage là encore peu encombrée.
Départ pour la rivière souterraine. Globalement on aura jamais vu de gilet de sauvetage pour enfant à Palawan, mais c'est pas grave!
Profitant d’être sur place, nous allons quand même aller visiter la rivière souterraine. Pour la première fois à Palawan, nous avons le sentiment de faire du tourisme de masse. Jusqu’à maintenant les touristes étaient quasi exclusivement occidentaux, là il n’y a quasiment que des asiatiques. Chacun ses circuits… Après 1h d’attente genre entrée de la tour Eiffel, nous embarquons pour un premier trajet en mer le long de la côte, puis, après une petite marche dans la forêt, nous montons sur une petite embarcation (8 personnes + 1 guide pagayeur) pour la rivière. Nous sommes finalement très agréablement surpris par cette visite : d’une part le site est franchement impressionnant (par sa taille, l’ambiance liée à la rivière, le nombre et la beauté des concrétions, les myriades de chauve-souris), d’autre part notre guide est le comique de service. Il raconte avec une voix haut perchée et un fort accent (rappelant un peu Borat) toutes les blagues possibles et réagit avec humour aux réflexions des passagers, simule des routes de collision avec des rochers en chantant Titanic de Céline Dion, bref on ne s’ennuie pas, à part Alice qui finit encore une fois par s’endormir.
Le retour vendredi matin vers Puerto se passe sans encombre, à 17 dans un Van qui compte 12 places, la routine sauce Palawan en somme.
Conclusion Philippines - Palawan
Impossible de regretter d’avoir ajouté les Philippines à notre programme, et nous ne risquons pas de regretter non plus le choix de Palawan. La beauté des sites et l’impression d’être dans des lieux encore assez préservés fut particulièrement appréciable. Nous avons également été charmé par l’accueil des Philippins eux-mêmes : souriants, curieux, attentifs et toujours respectueux, en particulier avec les enfants, nous ne nous sommes jamais sentis agressés, arnaqués ou en insécurité de tout le séjour. Le coup du « up to you » a de nouveau eu lieu lors de notre dernière course en tricycle pour rejoindre l’aéroport. A la réflexion, c’est une tactique plutôt futée de la part du chauffeur pour les petites courses : on est tellement charmé par cette attitude qu’on donne plutôt plus que ce que l’on aurait essayé de négocier sinon. Une formule gagnant-gagnant en somme…
Pour finir, Palawan reste largement faisable avec des enfants. Même si les transports sont un peu compliqués, et les activités comme la plongée ou la moto sont plutôt destinées pour les adultes (le potentiel en la matière parait énorme !), on trouve largement de quoi combler les plus jeunes. Ceci étant, nous n’avons croisé quasiment aucune famille de touristes avec enfants pendant notre séjour – ce qui nous rappelle surtout que la plupart des enfants vont à l’école en principe à cette période…
Enfilade de Jeepneys à la gare (routière par défaut) de Puerto Princessa. De l'authenticité, des couleurs chaleureuse : Palawan a de quoi séduire!
Après 24h d’escale à Hong Kong (merci une nouvelle fois à Seb et Lisa !), nous repartons ce samedi 19 janvier au soir pour Bangkok, pour le début d’une boucle de près de 5 semaines en Asie du Sud-Est. Loin de la mer cette fois, espérons que les petits Lu ne vont pas se dessécher…
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