6 au 10 juin 2013 - Chine 3/3 – Shanghai

Shanghai, c’est grand. Même en 4 jours, nous n’en aurons qu’un rapide aperçu. D’autant que la météo ne va pas être spécialement propice aux explorations : nous aurons de la pluie tous les jours, hormis à notre arrivée.
Nous arrivons de Suzhou peu avant midi. Nous retrouvons Christophe, qui après une arrivée bien matinale, termine sa nuit à l’heure française. Aucun d’entre nous ne connait Shanghai, et nous avons hâte de découvrir. Nous commençons par un déjeuner rapide dans un petit resto à soupe de nouille. ça pourrait mieux démarrer, on a beaucoup de mal à se faire comprendre, on nous amène du fanta à la place du coca, et même lorsque Christophe est au bord de l’étouffement après avoir avalé de travers, on n’arrivera pas à commander un verre d’eau – ou plutôt si, mais on nous amène un verre d’eau brûlante…
Nous avons prévu l’après-midi dans la concession française. Un peu hésitants sur la localisation précise du quartier (nous avons perdu notre guide de la Chine à Suzhou), nous avions demandé à l’hôtel de nous l’indiquer sur un plan. Après de longues discussions en Chinois entre les personnes de l’accueil, manifestement peu sures, c’est finalement le groom qui s’était approché : « French concession ? It’s here », nous dit-il en entourant sur la carte la moitié du centre-ville…
On se fera donc déposer en taxi plus ou moins au milieu de la zone indiquée, avant de partir marcher un peu au hasard. C’est plutôt sympa, beaucoup de petites rues assez mignonnes avec de nombreux commerces (petits bars, gargottes, boutiques), beaucoup d’arbres et même de temps en temps un petit parc. L’ambiance, qui nous parait malgré tout assez authentique, est néanmoins très différente de celle de Pékin. Mais ce sera surtout sur la fin de la promenade, en rejoignant des quartiers plus récents, qu’on trouve l’ambiance nettement plus occidentale : centre commerciaux et enseignes bien connues, bars avec terrasse, grands trottoirs entre les buildings récents… Cela nous semble plutôt comparable à Hong Kong, autre grand capitale économique de la Chine.
Pour la première soirée, c’est Charlyne qui a le permis de sortir. En gentleman, Christophe l’emmène à la maison Pourcel, un des très bons restos de Shanghai, qui fera vite oublier le Pizza Hut de la veille. Ce n’est pas franchement (voire franchement pas) de la cuisine chinoise, mais au moins Charlyne pourra dire qu’elle a fait un excellent repas en Chine !
La journée du lendemain est vraiment pluvieuse. Pluie fine le matin, trombes d’eau l’après-midi. On cherche des activités en intérieur, et l’on tombe d’accord pour aller jusqu’à l’Oriental Pearl Tower, la plus ancienne et l’une des plus connues de la skyline de Shanghai (J’en profite pour préciser que dans ce blog, le caractère « connu » ou « fameux » que nous employons souvent pour qualifier des sites, n’est souvent qu’un constat a posteriori de notre part, beaucoup de ces lieux nous étaient parfaitement inconnus de nom ou de réputation avant le voyage, ne le prenez donc pas mal si vous êtes dans ce cas).
Christophe a bien prévu les vêtements de pluie. Au second plan, l'oriental pearl tower et sa boule à l'intérieur de laquelle on trouve un grand huit.

Nous nous faisons déposer dans le « Bund », le quartier historique qui borde la rivière à l’ouest, avant de traverser un tunnel qui offre un petit spectacle son et lumière, à bord d’une cabine rappelant les sports d’hiver, le tout sous le lit de la rivière. Les enfants sont fans, et après une petite douche pluvieuse, nous parvenons au pied de la tour. Côté vue panoramique, on ne se fait pas trop d’illusions, on ne distingue même pas le sommet. Mais on va quand même bien se marrer avec un grand plancher de verre qui fait tout le tour de la boule située à 250m de haut, puis avec un grand huit à l’intérieur de la boule du bas (le grand huit n’est pas exceptionnel, mais c’est le plus haut du monde, quelle drôle d’idée d’en mettre un à un endroit pareil !). A la sortie, après un déjeuner fort sympathique que le temps nous invite à prolonger (le plat est tout indiqué : de la grenouille !), je rentre avec les enfants pour le classique sieste/devoirs, tandis que Charlyne entraîne Christophe dans sa fièvre acheteuse, insatiable depuis que l’on a touché le sol chinois.
Ce n’est qu’en fin d’après-midi que nous retrouvons Matthieu, arrivé tôt le matin lui aussi, mais qui récupère de son vol aller sans chercher à se recaler, retour dès le lendemain soir. Christophe n’avait pas eu trop le choix quand nous avons débarqué la veille…
Le temps est passé à la tempête, ce qui n’est pas sans rappeler une bonne soirée à Tokyo, plutôt de bon augure pour « ma » soirée avec Christophe et Matthieu. Seul problème, avec la pluie, aucun taxi n’est disponible pour nous emmener jusqu’au Bund, et on se voit mal partir dans les bourrasques à pied. On commence donc au bar de l’hôtel, très sympa au demeurant. Pour la soirée c’est un peu la tournée des grands ducs : dîner chez Mr et Mrs Bund, restaurant branchouille d’où on sort après minuit pour monter un étage plus haut, au baron rouge. Le cadre est splendide avec sa grande terrasse qui donne sur les grattes ciels, mais l’ambiance n’est pas super festive, on a l’impression que beaucoup de gens sont plus là pour se faire voir que pour s’amuser. Direction le Mint donc, autre haut lieu de sortie à Shanghai. En descendant dans la rue, grosse surprise : c’est désert, et tout est fermé. Je m’attendais à quelque chose de comparable à Tokyo, mais force est de constater qu’en dehors de quelques lieux disséminés, Shanghai est une ville qui dort la nuit. Nous marchons quelques blocks sans croiser grand monde, hormis l’équipage du vol de Matthieu qui sort du Mint. A croire qu’en dehors d’Air France et quelques expatriés, il y a peu de monde à sortir un vendredi soir… Le Mint dispose lui aussi d’un cadre superbe en haut d’un immeuble, et là pour le coup il y a de l’ambiance, on sera juste un peu affligés par la piètre qualité de la musique. Une bonne soirée malgré tout, peut-être existe-t-il d’autres quartiers pour sortir à Shanghai, mais de ce que j’ai pu en voir, c’est très loin de valoir Tokyo.

Pour la dernière journée avec Christophe, malgré un couché tardif, nous parvenons à nous mettre en route avant 10h, en plus ou moins grande forme. Nous partons pour une promenade jusqu’au Yu garden, un nouveau jardin chinois bien sympa, mais assez fréquenté ce samedi matin. Nous prolongeons un peu le déjeuner autour de « dim sum », et pour l’après-midi, Charlyne arrivera à entraîner un nouvelle fois Christophe, et Matthieu en plus (à moins que ce soit Matthieu l’instigateur), vers une nouvelle séance de shopping à la Chinoise, avec nombreuses négociations sur les prix. Dans l’une des boutiques, la vendeuses soulignera fièrement que l’un de ses t-shirt est un vrai (ce qui enlève déjà tout doute pour les autres). Charlyne lui fait alors remarquer que le logo de la marque, tel qu’il est collé, a peu de chance de tenir à la machine, ce à quoi la vendeuse répond horrifiée qu’il ne faut surtout pas mettre ces t-shirts à la machine. Même le seul vrai est un faux…
Christophe et Matthieu repartent par le vol Air France du samedi soir. Matthieu en fonction, Christophe en billet compagnie sans réservation, et vu le remplissage de l’avion ce n’est pas gagné, mais d’après ce qu’on a compris il s’en sortira plutôt bien

De notre côté, on peine un peu à trouver la motivation pour notre dernière journée avant le grand retour. Un temps toujours pluvieux, on essaye le musée des sciences et technologies, qui ne va pas nous décevoir. En fait le début se présente plutôt comme un musée d’histoire naturel, avec des reconstitutions d’animaux des différents continents. C’est super bien fait, et je me dis qu’après ça je vais avoir du mal à retourner au musée d’histoire naturelle de Nantes avec les enfants. Pour le reste nous allons surtout profiter du cinéma « 4D » (comprendre 3D avec des effets supplémentaires comme du vent, de l’eau et des petites secousses), qui projette un film d’animation sur les tigres à dent de sabre. J’y vais avec Adrien, et heureusement qu’on n’a pas essayé avec Alice, c’est assez violent avec des combats très réalistes entre des tigres et une hyène géante. Avec le sentiment d’immersion de la 3D, c’est assez impressionnant, Adrien devra fermer les yeux pour le dernier combat. Si après ça nous n’avons pas de recrudescence de ses cauchemars, c’est qu’on tient le bon bout !
Conclusion Chine
En arrivant à la douane de Roissy lundi 11 juin au soir, l’agent nous demande d’où on arrive. On lui répond de Chine, et il nous regarde avec un sourire étonné : « qu’est-ce que vous êtes allés faire en Chine avec des enfants ? «
Si le potentiel touristique de la Chine est assez connu – et encore pas assez quand on voit la quantité et la qualité exceptionnelles des sites, que nous n’avons fait qu’effleurer – il reste encore beaucoup d’a priori négatifs sur la Chine et les chinois, qui n’en font pas une destination privilégiée en général, et en particulier pour les familles.
Alors oui, il y a certaines pratiques qui agacent un peu parce qu’on n’y est pas habitué : les reniflements appuyés, les crachats, les gens qui vous passent devant dans la queue dès que vous laissez un intervalle de 50 cm devant vous, des contacts physiques fréquents surtout pour les enfants. Sur tous ces thèmes, en cherchant un peu, on pourrait trouver un équivalent dans nos pratiques quotidiennes qui pourraient être considérées comme tout aussi choquantes pour certaines cultures. On se gardera donc bien de porter un jugement de valeur là-dessus, il faut faire preuve d’ouverture…
L’autre point délicat est le peu de chinois à parler anglais. Là encore il serait malvenu de le leur reprocher, et il suffit d’imaginer la difficulté que doit avoir un chinois arrivant en Europe pour se rendre compte que beaucoup d’efforts sont faits, au moins à Pékin et Shanghai, pour faciliter la vie aux occidentaux.
Nous avons, quoiqu’il en soit, été séduits par l’accueil que nous avons eu en Chine, les enfants y étant certainement pour beaucoup. A chaque fois que nous avons pris des transports en commun (metro, bus), des gens se sont levés pour que les enfants puissent s’assoir. L’intérêt porté à Alice et ses mèches blondes était toujours bienveillant et respectueux, on ne compte plus les immenses sourires que nous avons eus.
Côté hygiène et sécurité, absolument aucun souci à se faire non plus sur les chemins balisés que nous avons parcourus, il faut juste faire attention quand on traverse la route, le bonhomme vert ne garantissant pas l’absence de passage de voitures. Mais les routes sont plutôt sures, et la conduite plutôt souple si l’on compare par exemple à la Thaïlande (malgré l’emploi fréquent du klaxon).
Enfin, même si les centres d’intérêt en Chine sont plutôt dans le domaine culturel que des loisirs, il y a plein de choses qui ont particulièrement plu aux enfants : la grande muraille, le water cube de pékin, les tours de Shanghai, le musée des sciences à Shanghai … Et on ne reparlera pas de Hong Kong que l’on avait aussi adoré !
Bref notre dernière étape valait bien le coup elle aussi, mais maintenant il faut bien s’y résoudre, le voyage est terminé ! Et on a quand même hâte de retrouver notre « home sweet home »…
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