2013 - Retour en France
Voilà plus d’un mois que nous sommes rentrés, le temps est venu de faire un petit bilan et de conclure ce blog.
L’atterrissage à Roissy nous a tout de suite mis dans l’ambiance : aux infos, Michelin licencie 700 personnes, les contrôleurs aériens et la SNCF menacent de faire grève, et c’est encore l’hiver alors que le mois de Juin est déjà bien entamé ! S’il on a pu se dire quelques fois pendant le voyage « mais qu’allaient-ils faire dans cette galère ? », là on serait tenté de nous demander si l’on a bien fait de rentrer !
Nos doutes se dissiperont quand on va commencer à revoir des visages connus (ou pas, Jeanne n’était pas née avant qu’on parte !), en fait c’est là qu’on (en tout cas « je ») se rend compte que ça nous a manqué. Il semblerait que familles et amis lisent bien dans nos pensées, puisqu’on va enchainer un déjeuner de galettes bretonnes avec la famille, puis 2 soirées « charcuterie, fromage, vin rouge ». La première organisée par Véronique et Stéphane (nos presque voisins avec qui nous faisions la garde partagée avant de partir), qui étaient même venus nous accueillir à la gare de Nantes le mardi midi, et le second, en ce qui me concerne, avec Agnès et Rémi, collègues et amis habitant à Paris. Car dès le mercredi après midi, 24h après être rentré à Nantes, me voilà reparti vers Paris pour 4 jours de séminaire. Celui-ci aura au moins 3 grandes vertus : renouer avec le boulot et les collègues de manière plutôt cool (club med en Sicile…), retrouver les joies de la navigation (en kite, pour la planche il faudra patienter encore un peu), et, osons l’avouer, ne pas avoir à s’occuper des enfants (ni de rien, en fait !) pendant 4 jours. Le retour au travail se fera ensuite très naturellement dans la foulée, avec le sentiment de rentrer de vacances, sans plus.
Ce qui a été marquant dans les 2 premières semaines après le retour, c’est le nombre de questions que l’on nous pose, et auxquelles on a eu le temps de peaufiner les réponses. Petit florilège :
Comment vivez-vous votre retour ?
(Charlyne) Avant toutes les autres, cette question nous a été posée par presque tout le monde. Finalement, le retour s’est très bien passé notamment grâce à toutes les attentions de chacun nos 1ers jours sur le sol français. Nous avons tous repris très vite nos marques et le quotidien a pris le dessus. Retour au travail pour Jean, à l’école pour Adrien. Alice a aussi retrouvé sa nounou et sa copine quelques journées. Et, moi, j’ai pu profiter de quelques moments de liberté pour revoir mes copines et faire du shopping (merci les soldes !). Mais, nous avons aussi vite oublié le voyage comme si cette parenthèse n’avait pas existé. Pour ma part, c’était un peu frustrant. Maintenant, je me remets dans les photos et les souvenirs reviennent et me rappellent que nous avons vécu un voyage fabuleux.
Quel est le pays que vous avez le plus / le moins aimé ?
Voilà une question bien difficile… Une chose est certaine, aucun des lieux dans lesquels nous sommes passés nous conduit à nous dire qu’on aurait pu tout aussi bien s’en passer (on doit pouvoir faire plus simple comme tournure). Pour des raisons différentes : l’intérêt culturel pour certains, les activités pour d’autres, les paysages, les contacts avec les habitants, le climat, etc… Bon allez, on se jette à l’eau :
- Le pays où vivre : Nouvelle Zélande ou Sydney – sauf que c’est loin…
- Le pays le plus dépaysant : les Philippines, le Japon
- Pour passer des vacances : la Thaïlande, la Malaisie, l’Australie
- Le plus riche culturellement : la Chine, le Japon
- Les plus beaux paysages : la Nouvelle Zélande, le Laos (le peu qu’on ait vu)
- Les habitants les plus attachants : les Philippines, la Nouvelle Zélande, le Japon
- La meilleure cuisine : la Thaïlande, le Japon
- Celui où l’on retournera certainement : le Laos, pour boucler le tour avec le Cambodge !
- Les villes les plus intéressantes : Sydney, Hong Kong, Tokyo, Pékin, Luang Prabang, Malacca, Singapour, Chiang Mai, Nara… en fait c’est impossible de choisir…
Vous l’aurez compris, tous les pays dans lesquels nous sommes passés nous ont laissé de beaux souvenirs. Et si l’on peut admettre que sur les 190 pays non visités pendant ce voyage, certains ne présente pas d’intérêt particulier, pour les 10 que l’on a vu, on les recommandera sans exception !
Souvenirs du Japon, qui sur plusieurs critères nous aura bien plu. C'est Charlyne qui a habillé Adrien ce jour là, je décline toute responsabilité.
Quel a été le pire moment du voyage ?
Sans aucun doute la gastro d’Alice au Laos avec le retour en Thaïlande pour l’hospitalisation. Cela nous a au moins fait prendre conscience qu’en dehors des soucis de santé, il n’y a pas vraiment de soucis. Et cela nous a aussi, d’une certaine manière, fait encore davantage profiter des 4 mois de voyage qui ont suivi.
Le meilleur ?
Trop dur. Et chacun à son avis sur la question. Pour Adrien, c’est d’avoir tenu un Koala dans ses bras en Australie, juste devant la journée avec les éléphants en Thaïlande. Pour Alice, difficile de savoir, mais les journées de plage ont semblé particulièrement bien lui convenir – la tendance se confirme cet été en Bretagne. Pour ma part, les moments forts sont un peu trop nombreux pour être listés, mais une situation qui s’est présentée assez souvent (aux Philippines, en Malaisie, au Japon, en Chine) et qui est assez particulière : être les seuls occidentaux au milieu d’autochtones. On a l’impression (qui n’est d’ailleurs pas qu’une impression !) d’être d’énormes privilégiés vivant une expérience peu commune. Les très bon moments ont été aussi de retrouver des amis/famille à l’autre bout du monde : à Hong Kong (Seb et Lisa), en Malaisie (famille de Charlyne), à Sydney(Alexis, Florence, Arthur), à Tokyo(Gwendal et Seb encore), à Pékin (Stéphane et Cyrille) et Shanghai (Christophe et Matthieu). Alors bravo l’ouverture d’esprit, si les bons moments du voyage ont été de retrouver des têtes connues ! Mais sur 6 mois en itinérance, il est clair qu’il est difficile de tisser de vrais liens avec qui que ce soit, et la famille nucléaire comme périmètre de vie sociale, ça peut sembler parfois un peu limité. Je pense que Charlyne me rejoindra sur ce point… Malgré cela, vivre près de 6 mois en permanence avec les enfants procure aussi l’immense joie de les voir grandir et évoluer dans des environnements très riches, et l’un des grands intérêts du périple vient aussi de là.
Autre aspect positif du voyage, la relation entre Adrien et Alice s'est plutôt très bien passée. On vous rassure, ce n'est pas non plus comme ça tout le temps...
Vous aviez tout prévu à l’avance ?
En dehors des billets d’avion, que nous avions entièrement réservés avant notre départ (avec des dates flexibles pour la plupart), nous n’avons quasiment rien prévu au niveau des hébergements. Internet étant disponible partout (l’aventure n’est plus ce qu’elle était !), il est toujours très facile de réserver au dernier moment, voire de trouver une fois sur place. Tous les pays visités sont assez tournés vers le tourisme, il n’y a donc jamais eu d’angoisse de se demander si l’on allait trouver un abri pour la nuit. Un des gros atouts de ce type de voyage au long court est de pouvoir adapter son rythme en fonction de l’intérêt que l’on trouve à tel ou tel endroit. Il nous semblerait ainsi assez dommageable de réserver des séjours longtemps à l’avance. Presque partout où nous logions, nous réservions au début qu’une ou deux nuits, et nous prolongions quand cela nous plaisait. Il a dû nous arrivé une ou deux fois, au maximum, de devoir changer de lieu de résidence faute de place disponible. Donc en conclusion : mieux vaut ne pas trop anticiper les logements !
Pour les transports, c’est à peu près la même chose, le seul que nous avions réservé à l’avance était le camping-car en NZ, mais dans ce cas-là aussi nous avons décidé de prolonger de quelques jours en cours de route sans que cela ne pose de difficulté (on était en fin de saison aussi…).
Combien ça coûte au final ?
47 000€. C’est ce que l’on a dépensé entre les billets d’avion et l’ensemble des frais pendant le voyage. En terme de budget global, il faut rajouter les dépenses habituelles : impôts, remboursement d’emprunt de la maison, etc… En contrepartie, nous avons eu la chance de pouvoir louer notre maison pendant toute la durée du voyage, ce qui en plus d’un revenu substantiel, permettait de ne pas laisser la maison à l’abandon pendant 5 mois et demi.
Beaucoup ont été surpris par l’importance de ce montant. On avait nous-même tablé sur un budget plus proche de 40000€, mais sans avoir regardé de très près les dépenses par pays. Même si nous avons toujours été vigilants sur les dépenses, nous ne nous sommes pas non plus astreints à une rigueur extrême, que ce soit pour les logements ou la nourriture. Quant aux activités, nous n’avons pas du tout cherché à nous restreindre, et ça peut vite monter en Australie et Nouvelle Zélande notamment. Malgré tout, il faut rappeler qu’on voyageait à 4, nous avons toujours réussi à dormir dans une seule chambre (la « tente » d’Alice a été largement rentabilisée !), et Alice ne payait quasiment rien. Bref, on aurait certainement pu dépenser un peu moins, mais on imagine aussi très facilement comment dépenser beaucoup plus !
Le Maglev n'est sans doute pas le moyen le plus économique de ralier l'aéroport de Shanghai. Mais ce serait dommage de ne pas essayer le train le plus rapide du monde.
Pourquoi ce voyage ?
Pourquoi pas ? C’est la meilleure réponse qu’on ait trouvée ! Il ne s’agissait aucunement d’un rêve murement réfléchi, mais plutôt d’une idée soudaine qui n’a rencontré aucune objection qui nous ait paru recevable. La liste des freins peut pourtant être longue : contraintes professionnelles, scolaires, budgétaires, les enfants trop petits, trop grands,… Il faut admettre qu’on s’est trouvé plutôt dans la bonne fenêtre de tir, même si Charlyne a dû finalement abandonner son travail.
Après on a réalisé, au cours du voyage, que partir plusieurs mois avec des enfants, même si bien d’autres le font, n’est pas une expérience courante. Nous n’avons jamais croisé, de tout le périple, de famille dans le même cas que nous. Nous ne croisions en fait pas tellement de famille, et elles étaient toujours dans le cadre de « courtes » vacances. Il nous faut bien admettre que nous avons une chance réellement exceptionnelle, si l’on raisonne à l’échelle de la planète, de pouvoir nous permettre ce type de projet. Alors ce serait dommage de ne pas en profiter, tout simplement…
A quand le prochain voyage ?
Sur une durée équivalente, certainement pas tout de suite. L’envie de repartir n’est pas la première chose que l’on a ressentie en rentrant. On était quand même bien contents de retrouver notre chez nous, la famille et les amis, et de reprendre un rythme un peu plus familier. Maintenant, on nous aurait demandé il y a deux ans si l’on se sentait près pour un voyage comme on vient de le faire, on n’aurait même pas compris la question. Il n’est donc pas exclu, d’ici quelques années, que l’envie nous reprenne et qu’on se repose la question du « pourquoi pas ? ». On verra alors quelles réponses on trouvera. Pour le moment, la question ne se pose pas.
Pour nous.
Et pour vous ?
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